Garasse, 0p. cil., p
3: Mémoire du P. Binet sur cette affaire (Campaniae historia, t. LIL, n: 3).
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168 SOUS RICHELISU. — PREMILRE PARTIE.
le P. Suffren le déclara au cardinal de Richelieu et à la reine mère !. « Si les magistrats, écrivait le P. de La Tour, veulent absolument nous contraindre à parler du pouvoir de déposer les rois qu'ils refusent de reconnaître au Pape, nous dirons franchement qu'il est impossible de le nier puisqu'il a toujours été reconnt dans l’Église. Dieu nous aidera; quelque chose qui arrive à ses serviteurs, il le fera tourner à leur bien?. »
2. La protection divine, en effet, pouvait seule tirer les Jésuites de ce mauvais pas; elle ne se fit pas attendre. On remarqua bien tôt dans les hautes régions du pouvoir une réaction favorable. Richelieu, sollicité par le P. Armand, se montra disposé à retenir l’animosité des parlementaires. Marie de Médicis promit au P. Suffren son concours et sa protection. Le roi témoigna une particulière bienveillance : comme le P. Armand lui remettait uïie lettre du P. Général et le suppliait de ne pas permettre que le Parlement forcät la Compagnie à s’exiler, il « répondit avec émotion qu'il y pourvoiroit tout de bon », et il prit à témoin de sa promesse le cardinal de La Rochefoucauld, présent à l’entretien *.
Les Jésuites et leur amis attribuaïent ce revirement à l'intercession du P. Coton que des âmes privilégiées, Marie Teyssonnier à Valence, la mère Colombe du Saint-Esprit à Tulle, la mère de Matel à Roanne, croyaient déjà en possession de la félicité éternelle “. «Je crois que les prières du défunct ont esté exaucées, écrivait le P. Lejeune au P. Provincial de Lyon, car hier, jour de Nostre-Dame [25 mars|, le Roy s’estant communié promit d'évoquer tout à soy. Et de faict, après le disné, 1l manda quérir son Procureur général et luy commanda que le Parlement ne traitast aucunement aujourd huy de nostre affaire. Et ce matin le Roy à commencé de faire ses stations pour gaigner le jubilé, et a visité cinq églises à pied, quoyque fort éloignées, et a esté à huit heures en la nostre de Sainct-Louys, et après avoir faict sa prière a dict au P. Ignace [Armand] et au P. Jean Suffren qu'à onze heures il assembleroït son conseil pour nostre affaire. A onzé heures du matin, la Reyne régnante a aussi esté à pied en nostre esglise avec toute sa suitte, et après sa prière, qui a esté
1. Lettre du P. Armand au P. Général, 26 mars 1626 (Prat, Recherches, t. V, are du P. de La Tour, 9 avril 1626 (Franc. Hist. Prov., t. II, n°: 89).