‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 12 sur 308 · Mémoires de Richelieu, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu, t. I, p

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catholiques la liberté publique de conscience, sans violer les lois de son royaume et sans s'exposer à une révolte générale de ses sujets ; ils promirent seulement que Jacques I‘ et le prince de Galles s’engageraient par une simple lettre à traiter les catho- Hques aussi favorablement qu'il leur serait possible, à condition qu'on n’en parlât point dans le contrat. Richelieu résolut alors d'envoyer à Londres le marquis d'Effiat et M. de La Ville-aux- Clercs, pour négocier directement avec Sa Majesté Britannique les articles sur lesquels ses représentants n'avaient pas osé prendre une résolution. Mais déjà le mariage était décidé en principe!.

I restait à s'entendre avec Rome et à obtenir du Pape une dispense. Or Urbain VIII ne semblait pas enclin à l’accorder. Par deux brefs, il avait adressé à Louis XIIT et à la reine mère de graves représentations à ce sujet. Le nonce, ME Spada, avait reçu l’ordre de s'opposer de tout son pouvoir à une alliance considérée comme funeste aux intérêts de l’Église. Dès lors on s’efforça de modifier les sentiments de Sa Sainteté. Au mois de Juillet, le marquis de La Vieuville, dans un entretien avec le P. Arnoux, lui demanda s'il serait disposé à entreprendre le voyage de Rome afin d'expliquer au Pape les avantages de cette affaire matrimoniale. Le Jésuite se déclara tout pe à rendre service, pourvu toutefois que dans ses instructions il n’y eût rien de contraire à sa conscience et à son zèle pour la réputation du roi. Apparemment le P. Arnoux n’était pas homme à mener à bien pareille négociation ?. Le P. de Séguiran, confesseur de Sa Majesté, ne pouvait non plus, dans la circonstance, servir d’intermédiaire à Richelieu : il était d'avis — ét ne l'avait pas caché au roi — que Rome exigeàt toutes Les conditions réclamées autrefois par la Cour d’Espagne *. Louis XIII, circonvenu par les subtiles raisons de son ministre, que soutenait le cardinal de La Rochefoucauld, persista dans ses vues optimistes sur l'avenir de sa sœur et dans ses dispositions conciliantes à.l’égard de Jacques I*. On chargea Le P. de Bérulle de faire valoir auprès de là cour romaine les motifs de l'utilité publique‘. En même temps Richelieu écrivit à M‘ de Marquemont, le priant de tran-

1. Cf. Griffet, t. I, p. 422. — De Baillon, Henrielte-Marie de France, reine d’Anglelerre, p. 38.

2. Lettre du nonce au card. Barberini, 7 juillet 1624. (Archives. Vat., Nunz. di Francia, n. 410, f. 376, 401.)

3. Du même au même, 14 août 14624 (Ibidem, n. 409, f. 97-108).

4. Mémoire donné à M. de Bérulle (Bibl. nat., ms. fr. 10708, £. 216-234).

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quilliser le Souverain Pontife : le roi, disait-il, a pris toutes ses assurances relativement au salut de Madame et de ses serviteurs; il y a lieu d'espérer beaucoup de ce mariage pour le bien général du catholicisme en Angleterre. Le pape, anxieux, remit l'examen de l'affaire à une congrégation de cardinaux !. |

Entre temps, le confesseur de la reine mère travaillait de concert avec le confesseur du roi à faire prévaloir les véritables intérêts de l’Église. « Je sais, écrivait le P. Général au P. de ‘Séguiran, que le P. Jean Suffren et vous unissez vos efforts afin que l’on tienne compte des avantages de la religion catholique. Je ne doute pas que Votre Révérence ne s'y emploie sérieusement, ‘car je connais son esprit de charité et son zèle pour la gloire divine; il est cependant de mon devoir de lui déclarer en peu de mots combien il me plaira qu’elle s’y livre avec ardeur. Elle fera ainsi une chose très agréable à Dieu,- très utile à de nombreux catholiques, dont la foi et la piété sont comprimées par la violence, et qui ne peuvent rendre à Notre-Seigneur l'honneur qu'il attend de tous les chrétiens. Ces malheureux espèrent, à l'occasion du mariage, quelque faveur divine, quelque secours, grâce à ceux dont la voix et les prudents conseils sont plus écoutés du pieux roi Louis XHI; leur espoir repose en Votre Révérence. Puissent-ils n’en être pas frustrés. Dieu ne vous a peut-être permis un si facile accès à l'oreille et au cœur de Sa Majesté Très Chrétienne, que pour promouvoir une œuvre si importante et si digne d’une âme religieuse. Je vous la recommande donc positivement et le plus fortement qu’il m'est possible ?,

D'Angleterre et d'Écosse les catholiques adressaient lettre sur lettre au roi de France. Ils lui exposaient leur misérable situation; ils le remerciaient de son bon vouloir et de ses efforts pour apporter quelque adoucissement à leurs maux ?. De son côté, Le P. Richard Blount, provincial de la Compagnie en lc. écrivit au nonce du Saint-Siège à Paris. Dans l'incertitude des conditions qui seraient adoptées par les deux rois, il plaçait sa confiance dans la divine Providence ; il mettait toutefois M‘ Spada en garde contre les interprétations ptinees qui seraient données

1. Lettre du nonce, 12 sept. 1634 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 59, £. 107- 122).

2. Lettre du P. Vitelleschi au P. de Séguiran, 15 juillet 1624 (Francia, ne Gen., t. IV).

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