‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 13 sur 308 · De Baillon, es cil., p · texte numérisé non relu

De Baillon, es cil., p

8 ° aux conventions matrimoniales, si l’on n'avait soin de les rédiger de manière à éviter toute équivoque!.

Les articles de mariage furent signés à Paris, le 10 novembre 1624. On donnait à la princesse huit cent mille écus de dot, moyennant quoi elle renoncerait, pour elle et ses descendants, à tout héritage provenant de la couronne de France. On lui assurait, ainsi qu'à toute sa maison, le libre exercice de la religion catholique. Elle avait droit à une chapelle dans toutes les maisons royales et en quelque lieu qu’elle se trouvât. Elle aurait à sa cour, outre un évêque, son grand aumônier, vingt-huit prêtres ou religieux pour desservir ses chapelles. On lui laissait le soin d'élever ses enfants jusqu’à l’âge de treize ans, comme aussi le choix des personnes commises à leur éducation. Outre les articles généraux, lisons-nous dans /e Mercure françois, il y en eut trois î particuliers : 1° les catholiques, tant ecclésiastiques que séculiers, prisonniers depuis le dernier édit, seraient tous mis en liberté; — 2° les catholiques anglais ne seraient plus recherchés pour leur religion; — 3° ce qui se trouverait en nature des biens saisis sur les catholiques, depuis le dernier édit publié contre eux, leur serait restitué ?.

Aussitôt après la signature des articles, Jacques I” s'empressa d'élargir un certain nombre de prisonniers, prètres ou laïques, qui attendaient leur condamnation au bannissement ou à la mort; il fit restituer les amendes à ceux qui les avaient déjà payées, et donna l’ordre de surseoir à l'exécution des lois pénales contre les insoumis?. C'était l’apaisement, si l’on eût persévéré dans cette voie. Maïs bientôt Le P. Blount constatait une reprise des mesures violentes et se plaignait avec raison de la faiblesse du marquis d’Effiat, notre ambassadeur à Londres. « Depuis le départ de M. de La Ville-aux-Clercs, écrivait-il à M® Spada, on ne tient plus aucune des promesses faites en faveur de la religion. La persécution recommence et s'accroît de jour en jour. En vertu des anciennes lois de nombreux catholiques sont poursuivis pour le seul motif de religion, et plusieurs ont été jetés dans les fers : tout cela à Londres même, sous les yeux de l’ambassadeur de France, qui ne jouit d'aucune autorité, etau détriment du Roi Très

1. Lettre du P. Blount à Spada. (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 64, f. 17.) Cf. Records of the english province, t. VI, p. 64.

2. Le Mercure françois, t. X, an. 1624, p. 480-487. — Cf. Bruce, op. cil., t. 1623- 1625, p. 387.

3. Le Mercure françois, t. XHII, an. 1627, p. 193-196. — A. Strickland, Lives of Queens of England, t. 1V, p. 149. — Bruce, op. cit., 4. 1623-1625, p. 419.

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LES PREMIERS LIBELLES. nu

Chrétien, avili dans la personne de son ministre !. » Cette coupable ineurie valut au représentant de Louis XIII la bienveillance du roi d'Angleterre : Jacques 1 demanda pour le marquis d’Effiat le cordon bleu du Saint-Esprit, qui lui fut accordé l’année suivante ?.

4. Pendant qu’on réglait en France les conditions du mariage et qu’on délibérait à Rome sur l'opportunité de la dispense, on s'occupait à la cour de former la maison ecclésiastique de la future reine. Le cardinal de Richelieu jeta d’abord les yeux sur Duvergier de Hauranne, qu'il traitait alors en ami, et lui proposa l'office de confesseur de Madame. Vivement pressé d'accepter par le P. de Bérulle qui croyait à sa vertu, l'abbé de Saint-Cyran s'excusa, prétextant qu’il nese sentait point propre à ce ministère. Le cardinal se montra si offensé de son refus, qu'il rompit tout commerce avec lui et ne voulut plus le voir*. Il ne réussit pas davantage près de l’évêque de Poitiers, auquel il désirait confier la charge de grand aumônier. En vain le nonce supplia le prélat, au nom de Sa Sainteté, d'accepter au moins pour quelque temps une position si délicate; M® de La Rocheposay, comme l’abbé de Saint-Cyran son ami, ne consentit à aucun accommodement#.

Les amis de la Compagnie souhaitaient qu'on choisit un Père Jésuite pour confesseur de Madame. La reine mère partageait ce sentiment, persuadée qu’on rendrait ainsi à sa fille un éminent service. On mit en avant les noms des Pères Jacques Gordon, Jean Suffren et Pierre Coton’. Le Conseil avait songé à la nomination de ce dernier, comme pouvant être agréable au roi d'Angleterre. Mais le P. Général avait d'autres vues : il choisit le P. Barthélemy Jacquinot, provincial de Toulousei. Homme de science, de prudence et de vertu, le nouveau confesseur de Madame recut un très cordial accueil à la cour. Les ambassadeurs anglais eurent beau déclarer queleurs instructions portaientde n’admettre

1. Lettre du P. Blount au nonce Spada, 12 février 1625 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 406, f. 2).

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