Mémoires de Richelieu, t: 1, p
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Faculté, « surprise par la violence et l'astuce de quelques-uns avait violé les lois de sa discipline intérieure » : ils aimaient mieux mourir, déclaraient-ils, que souscrire à une censure contraire aux conciles æcuméniques et injurieuse au Saint-Siège !. Résolus ou de la faire révoquer ou d’en adoucir les termes, ils tentèrent, par des instances amicales, d'amener leurs confrères gallicans à comprendre la gravité de l’offense faite au Pape et à la religion. N'y réussissant point, ils songèrent encore à organiser une contre: assemblée; mais les docteurs mendiants reculèrent, et le Prieur des Augustins refusa une salle pour la réunion?. Dans l'assemblée de la Sorbonne du 2 mai, la majorité des docteurs protestèrent violemment contre ceux qui voulaient revenir sur la censure. Alors Mauclerc menaca d’en appeler à l'autorité supérieure et, passant aux actes, se rendit au Louvre avec ses amis. Là, le D' Duval fit entendre à Marie de Médicis « qu'il estoit prêt, avec la meilleure partie de son collège, d’espancher son sang ou sortir du royaume plus tost que de souscrire à la censure de Santarelly? », ;
Après cette démarche, raconte le P. Garasse, « nous veimes un grand changement aux affaires de leurs Majestés et de la cour. Car M. de Marillac, à présent garde des sceaux, dit courageusement à la Reine mère qu'il n’estoit pas temps de faire des martyrs, et qu'il valoit mieux estouffer ces semences de divisiôn* ». Richelieu de son côté fit savoir au cardinal Spada qu'il était décidé à intervenir en qualité de Proviseur de Sorbonne. « Le Pape, dit-il, a fort à cœur la révocation de la censure... Je veux lui donner cette satisfaction sans que les gens du Parlement puissent crier contre moi sur cet articles. » Mais il se contenta d'abord d’amuser le nonce et la cour de Rome par des négociations dont le P. de Bérulle devint le principal agent. Son idée était que la Sorbonne dressât une nouvelle censure en termes généraux, sans condamner aucune proposition particulière. Pour y parvenir, il fallait d’abord qu’un certain nombre de docteurs lui adressassent une lettre dans laquelle ils se plaindraient de la façon dont on avait procédé la première fois. Le P. de Bérulle, chargé de la rédiger, obünt en très peu de jours vingt-quatre
1. Ibidem. Lettre de Duval au nonce, 1° juillet 1626 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 420, f. 167).