Levassor, Histoire de Louis XIII, 1. XXIV
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signatures; encore avait-il cru plus prudent de ne demander leur adhésion qu'à un petit nombre de religieux !.
Le cardinal ministré n'avait pas encore jeté les yeux sur cette pétition, que parut un arrêt du Conseil qui prétendait résoudre toutes les difficultés’. L’affairé de la censure s'était compliquée, en effet, de la question des docteurs réguliers dont le Parlement voulait restreindre le nombre des voix pour les décisions concernant la doctrine?. Done, par l'arrêt du 18 juillet, le roi, désirant en finir avec toutes ces discussions, évoqua la cause à sa personne, défendit au Parlement de s’immiscer dans les affaires de la Faculté, et commanda au syndic de celle-ci d’expédier au Conseil toutes les pièces relatives à la condamnation de Santarelli et à l'admission des Réguliersi.
Le Parlement, ne tenant aucun compte de la volonté royale,
décida que de très humbles remontrances seraient adressées à
Sa Majesté et continua de délibérer sur la présence des docteurs réguliers aux Assemblées de Ja:Sorbonne; il arrêta même, le 24 juillet, que les Supérieurs des quatre OUrdres mendiants ne pourraient envoyer plus de deux Religieux de chaque couvent « pour assister et avoir voix délibérative aux dites assemblées” ». Malgré cette défense Les Réguliers, s’autorisant des lettres du roi, vinrent en grand nombre à l'assemblée du mois d'août. Deux députés du Parlement se rendirent en Sorbonne pour vérifier le fait,.et, à la suite de leur procès-verbal, l'arrêt défavorable aux Ordres mendiants fut maintenu et confirmé dans toute sa rigueur6, Alors, fatigué de cette obstruction, le nonce fit entendre les plus vives plaintes; il représenta au ministre que ce démêlé irritant trainait depuis six mois, au grand scandale du public : il était temps d'exécuter les promesses dont Son Éminence s'était montrée prodigue, il fallait en finir et qu'on n’en parlât plus. Richelieu répondit que satisfaction serait donnée au Saint-Siège *.
De fait, le 2 novembre, Louis XIII signa un arrêt de son Conseil dans lequel, rappelant celui du 18 juillet, il en ordonnait
1. Spada à Barberini, 25 avril 1626 (Bibl, nat., f. italien, 64, fol. 68, 69. — Doléances des docteurs (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 420, fol. 148-155). . Lettre du P. Général au P. Binet, 18 mai 1626 (Francia, Epist. Gen., t. IV). . Spada à Barberini, 15 juillet 1626 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 66, f. 117). . Arrêt du Conseil, 18 juillet 1626 (Le Mercure françois, t. XI, an. 1626, p. 530). . Arrêt du Parlément, 24 juillet 1626 (D'Argentré, Coll. Judic., t. IL, P. IT, p. 223). 6. Lettre de Mauclerc à Louystre, 14 août 1626 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 420, f. 196, 197). — Cf. Mémoires de Richelieu,t. 1, p. 433.
7. Spada à Barberini, 30 juillet 1626 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 403, f. 467, 468).
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l'exécution, sans avoir égard à l'arrêt du Parlement rendu le 24 du même mois. Il défendait en outre à tous ses sujets « de quelque profession, qualité et condition qu’ils fussent, de composer, traiter, ni disputer de l’affirmative ou négative des propositions concernant le pouvoir et l'autorité souveraine de Sa Majesté et des autres rois et souverains..., à peine d’être punis comme séditieux et perturbateurs du repos public!. » Cet arrêt fut signifié à la Faculté dans l'assemblée du 1° décembre.
Désagréable à l'Université, à la Sorbonne et à la magistrature. l'intervention du roi ne fit que les exciter à la résistance. Deux cas d’insoumission se produisirent aussitôt.
L'arrèt du 2 novembre maintenait aux docteurs réguliers le droit de participer aux assemblées de la Faculté : or, les docteurs séculiers refusèrent de l'enregistrer, sous prétexte que le Parlement avait donné une décision contradictoire?, —— L'arrêt du 2 novembre défendait à qui que ce füt de traiter les questions relatives aux deux puissances : or, le recteur de l'Université prit l’occasion d'une thèse du dominicain Testefort. pour rappeler et condamner la doctrine qui attribue aux Papes un pouvoir
indirect ou direct sur le temporel des rois?. Les évèques présents à Paris s’élevèrent contre l’usurpation du recteur, auquel il n'appartenait nullement de trancher une question de théologieé. Au surplus c'était trop de désobéissance, l'autorité du roi se trouvait compromise, et dans son entourage on conseillait la répression. Le maréchal de Schomberg était d'avis « de se débarrasser de ces pédants qui chaque jour mettaient aux prises Sa Majesté avec le Pape ». Le P. de Bérulle disait que l'exil de Filesac et d’un de ses collègues, durant trois mois, produirait plus d’etfet que dix arrèts5, D'autres proposaient les chatiments les plus sévères. Mais Richelieu avait un autre dessein : aborder de front les insoumis, forcer la Sorbonne, l’Université, le Parlement à s’incliner devant les volontés royales.
9. Il dompta en premier lieu la Faculté de théologie. Le 2 janvier 1627, Philippe de Cospéan, évêque de Nantes, se rendit à l'assemblée, porteur d’une lettre de cachet. Le roi y ordonnait
1. Arrêt du conseil privé, 2 novembre 1626 (D'Argentré, Coll. Judic., p- 233).
2. Lettre du nonce à Louis XIII, janvier 1627 (Archiv. Vat., Nunz. 404, f. 11-13). s
3: Condamnation de la thèse de Testefort (D’Argentré, op. cit., p. 235).