Houssaye, op. cil., p
di Francia, n.
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aux docteurs, dans les termes les plus impératifs, d'enregistrer l'arrêt du Conseil concernant les Ordres mendiants et de cesser toute contestation relative au livre de Santarelli!. La Faculté conclut d'une voix unanime que l'arrêt du 2 novembre serait enregistré. Quant au livre incriminé, l'évèque de Nantes déclara que le. roi tenait à savoir si la majorité des docteurs acceptait ou rejetait la censure du 2 avril 1626. Après en avoir délibéré dansla plus grande agitation, la Faculté décida unanimement que l'ouvrage du jésuite devait ètre condamné comme mauvais et pérnicieux; mais dix-huit docteurs seulement persistèrent à maintenir la première censure, cinquante refusèrent d'en reconnaïtre la validité et sollicitèrent l'autorisation d’en dresser une autre?. Instruit de cette délibération et du désaveu de la censure, le Pape commanda au nonce de s'opposer à toute censure nouvelles. Quoi qu'ilen dût advenir, la Sorbonne était soumise.
Richelieu ne ménagea pas davantage l’Université : une déclaration royale annula en termes sévères le décret du Recteur Mazure condamnant la thèse de Testeforti. L'humiliation n'abattit point Mazure, qui s'imagina relever son crédit en se disculpant lui-même devant Louis XIII. Le 5 janvier, il se rend au Louvre en habit de cérémonie et suivi des Facultés qui remplissent tout le cabinet du roi”. « Sire, lui dit-il, votre Université... est grandement traversée et affligée, pour vous avoir servi fidèlement. On veut... donner cours à cette damnable et pernicieuse doctrine qui a enfanté la Ligue. Nous sommes ignominieusement notez et persécutez pour avoir soutenu que vous ètes souverain et ne pouvez être déposé. Sire, le mal est si grand et s’augmente si fort, qu'il n'y a que Votre Majesté seule qui puisse y remédier ; et les menaces et violences qu’on nous fait nous réduisent jusqu'au point de demander votre protection. Et afin que toute la France connoisse que ce que nous vous disons est véritable, et que la postérité sache que nous vous avons rendu tous les devoirs de notre fidélité, nous vous supplions, Sire, que nous soyons jugés
1. Lettre du roi à la Sorbonne, 2 janvier 1627 (Le Mercure françois, t. XII, an. 1627, p- 19).
2 Copé rendu de la séance de Sorbonne, 2 janvier 1627 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 420, f. 378). — Procès-verbal de l’évêque de Nantes (Jbidem, n. 418, f. 126-128). Cf. Le Mercure françois, p.21; Mémoires de Richelieu, t.1I, p. 434.
3. Summario della narratione diaria.… sul fatto de la censura contro libro d’Antonio Santarello (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 404, f. 164-215).
3. Déclaration annulant le décret du recteur contre la thèse de Testefort (Le Mercure françois, t. XIL, an. 1627, p- 14).
5. Ibidem, p. 24. — Cf. D'Avrigny, Mémoires chronologiques, t. I, p. 411.
en votre Parlement, où sont ceux que nous a donnez pour juges naturels Votre Majesté en son avènement à la couronne, ainsi que vos prédécesseurs! » Le roi se contenta de répondre : « Je vous remercie de l'affection et du soin que vous avez pour moi; mais je ne trouve pas bon que vous vous mesliez de ce qui touche la Foy : c’est à faire aux docteurs. Mon Garde des Sceaux vous dira le reste. » Le Recteur fut malmené par M. de Marillac. « Vous avez fait, lui dit-il, un décret que vous ne pouviez pas faire, vostre profession n’estant point de théologie, et l’avez basti sur un faux fondement, disant que la thèse [de Testefort| avoit été condamnée par la Sorbonne, ce qui n’est point. » Une discussion s'étant engagée, le Garde des Sceaux interrompit Mazure et lui imposa silence « de la part du Roy ». En vain le Recteur supplia Louis XIII de lui permettre de parler, Sa Majesté lui répondit : « C’est assez?. » L'Université dut se résoudre, jusqu'à nouvel ordre, à ne plus censurer les œuvres des théologiens..
10. Le Parlement n'allait pas être aussi facile à soumettre. Il lui parut que la Sorbonne, en révoquant la censure du Traité de l’Hérésie, avait porté atteinte à ses propres arrêts contre le mème ouvrage. C’est pourquoi, le 4 janvier, il blâma cette révocation, la déclara « une entreprise contre l’autorité du Roy, la sûreté de sa personne et de son Estat » et ordonna que la censure des 1* et 4 avril 1626 serait enregistrée au greffe de la Faculté de théologie « pour y avoir recours quand besoin seroit ». En outre, il défendit à toutes personnes de quelque état et qualité qu'elles fussent d'écrire ou mettre en dispute aucune proposition contraire à ladite censure, à peine de crime de Ièse-majesté. A cette audacieuse provocation le roi répondit, le 13 janvier, en donnant une Déclaration par laquelle il interdisait à la Faculté de traiter, en quelque sorte et manière que ce füt, l'affaire de Santarelli; de publier aucun acte de ses délibérations précédentes sur ce sujet; de n’en délivrer aucun extrait ou copie, sans sa permission expresse, à peine de nullité et désohéissance et d’encourir son indignation. Mais le Parlement ne fit aucun cas de la Déclaration royale; revenant à la charge, il ordonna, le 25 janvier, que son arrêt du 4 serait exécuté selon
. 1. Harangue du Recteur Mazure (Le Mercure françois, p. 25). 2, Le Mercure françois, p. 26-29.
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sa forme et teneur, avec défense à toute personne d'y contrevenir sous peine de punition exemplaire ?. |
Ainsi les magistrats de la cour suprême, sous prétexte de défendre l'indépendance du roi, résistaient ouvertement à ses ordres. Le 29 janvier, un nouvel arrêt du Conseil leur fit «expresses inhibitions etdeffenses de connaître de cette affaire », et chargea « les sieurs cardinaux, prélats et autres que Sa Majesté députeroit » de décider « en quels termes seroit conçue la censure de la pernicieuse et détestable doctrine contenue au livre de Santarelli ? ». Le Parlement ne céda pas tout de suite; il résolut, le 1° février, de faire des remontrances au roi, el désigna le président Le Jay pour se rendre avec quatre conseillers à la Sorbonne où l'on préparait, disait-on, une déclaration contraire à la censure primitive *. En effet, la Faculté de Théologie, fort embarrassée au milieu d'ordres contradictoires, tenait alors une assemblée ordinaire; elle venait de conclure qu'elle se soumettrait aux injonctions du roi, lorsque survinrent les députés du Parlement. Le Jay déclara qu'il était envoyé par la Cour pour relever le courage de ceux qui défendaient les droits du pouvoir royal; il promit à Filesac et aux Richéristes l'assisjance des magistrats, et menaça au contraire de leur ressentiment le D' Duval et les ultramontains. Mais ces derniers ripostèrent qu’en dépit du Parlement, et contre lui, ils soutiendraient jusqu'au bout la doctrine de l'Église. Sa mission remplie, Le Jay se retira emportant l'original de la conclusion prise au début de l'assemblée “. |
A la nouvelle de cette démarche, Louis, XIH pensa qu'il ne pouvait plus longtemps laisser de telies bravades impunies. Il manda au Louvre le premier président, le président Le Jay, les gens du roi et les conseillers qui avaient été députés en Sorbonne. Là, en présence des cardinaux de Richelieu et de La Rochefoucauld, du garde des sceaux, de Marillac, et du maréchal de Schomberg, illeur dit : « Je vous commande, et sous peine d’encourir mon indignation,de ne plus vous mêler des affaires de la Sorbonne. Si vous continuez de vous y ingérer, je vous ferai voir qui.est le maitre de vous ou de moi. » Richelieu
1. Déclaration du Roy aux Doyen, Syndic et Doctears de la Faculté de Théologie, du 13 janvier 1627 (D'Argentré, p. 250, 251). — Arrêt du Parlement du 25 janvier (Ibidem, p. 251).