FONDATION DU COLLÈGE DE LA ROCHELLE
les débuts furent modestes. Déjà cependant bon nombre d'enfants de familles hérétiques fréquentaient les cours. Durant le carême on prêcha dans la chapelle tous les vendredis sur la Sainte Eucharistie, et deux autres fois la semaine sur des matières controversées. Mais Le local était beaucoup trop petit pour l’affluence des auditeurs; ce que voyant, les Pères de l'Oratoire offrirent spontanément leur église de Sainte-Marguerite, et la foule avide de la parole de Dieu s’y pressait nombreuse. Plusieurs conversions furent le fruit de ce premier apostolat. On remarqua entre autres celle d’un capitaine, gentilhomme de bonne maison, qui voulut donner un témoignage publie de sa reconnaissance aux religieux de la Compagnie. Il fit son abjuration solennelle en présence de toutes les notabilités de la ville, et quand il eut achevé sa formule il la remit aussitôt à un Père Jésuite en disant : « Voilà, mon Père, l'acte de ma profession de foi, car c’est à vous, après Dieu, que je dois mon entrée dans le sein de l'Église !. »
À mesure que les Pères étaient mieux connus, ils étaient plus appréciés. La magnifique fête qu'ils offrirent à la reine, le 21 novembre 1632, acheva de leur gagner les Rochelois. « Ils firent dresser un beau théâtre dedans la cour de leur collège, raconte un témoin. Leur intention estoit d'ouvrir les jeux à une heure de relevée; [mais] la Reyne ne s’y rendant qu’à quatre heures du soir obligea d’exhiber ceste action aux flambeaux, qui la fit bien plus agréable et plus illustre. D'abord Sa Majesté fut saluée par dix-huict députés de différentes nations, chascun d’eux vestus à sa mode, et qui parloïent autant de langues naturelles. Rare entreprise et bien fort intriquée (sic), mais qui se rendit aisément à la main de ces Pères, d'autant que l'océan leur fait présent, de jour en jour, de force jeunesse estrangère, laquelle * peut s’'instruire à leurs lecons de tous les endroits de la terre. La suite fut des victoires du Roy qui s’y représentèrent sous le nom de l’Hercule Gaulois, conformément au dessain des ares de triomphe. Sur la fin des actes, cette jeunesse florissante — la pluspart composée de gentilshommes escholiers — fit triompher son grand héros dans un superbe chariot orné de toutes sortes de trophées, tiré par des lyons, et, en le convoyant, eria mille Vive le Roy, et autant de Vive la Reyne qui en sortit bien satisfaite.
« Voilà sommairement comme le Collège Royal conjoignit ses