‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 153 sur 308 · RÉTABLISSEMENT DU COLÉÈGE DE PAMIERS · texte numérisé non relu

RÉTABLISSEMENT DU COLÉÈGE DE PAMIERS

possession du collège !. De leur côté, les évêques qui succédèrent à Robert de Pelgé, mort en 1579, se montrèrent toujours favorables à la Compagnie. Sous l’épiscopat de Bertrand de Barrau, le Conseil d’État, faisant droit à la requête des catholiques contre les prétentions des syndics réformés, décide, le 7 1 janvier 1602, « que les fruits de la metterie de Pégulhé seront régis et administrés par iceux bourgeois catholiques de la ville choisis par le sieur évesque »; puis, prévoyant le rétablissement du collège, ilordonne dès à prèsent que « ladite metterie demeurera aux Jésuites selon l'intention de Jehan de Soubreville? ».

Joseph d'Esparbès, qui remplaça Bertrand de Barrau sur le siège de Pamiers, aima si sincèrement la Compagnie qu il sollicita du Souverain Pontife la faveur d’entrer au noviciat. La mort l’empêcha d'exécuter son dessein; mais avant d’expirer, à Toulouse, le 5 décembre 1625, il prononça ses vœux de dévotion, tout consolé par la pensée qu’au jour de la Résurrection il aurait sa place marquée parmi les enfants de saint Ignace ?.

Son successeur, Henri de Sponde, filleul de Henri IV, était un converti : il avait retrouvé la foi en lisant les ouvrages de Du Perron et de Bellarmin. Dans un voyage à Rome en 1606 il reçut la prêtrise, fit la connaissance de Baronius et concut dès lors le projet de faire un abrégé de ses Annales qui parut en 1612. Nommé à l'évêché de Pamiers par Louis XIII au commencement de 1626, et sacré à Rome par le cardinal de Marquemont, il revint en France et fit son entrée dans sa ville épiscopale le 23 mai 1627. Ému des ravages causés par l’hérésie dans son diocèse, 1l appela les Jésuites à son secours et les établit d’abord près de lui comme missionnaires, puis il résolut de les employer à l'instruction de la jeunesse. Appuyé par le P. Racapé, supérieur de la mission, il pria le P. Lacaze, provincial de Toulouse, de lui envoyer quelques professeurs. Mais on ne pouvait rouvrir le collège sans l’autorisation du P. Général. Pour l'obtenir, on lui fit entrevoir la possibilité d’une dotation suffisante : les revenus de Pégulhé montaient à 900 livres: Henri de Sponde, le chapitre et la ville donnaient déjà 700 livres aux PP. Missionnaires: l’évèque de Mirepoix avait l’intention d’unir un bénéfice d'environ

1. Testament de Jean de Soubreville, 8 août 1574 (Archiv. comm. , Case 8).

2. Arrêt du conseil, 7 janvier De (Archives de l'Ariège, H, Jésuites).

3. Cordara, Historia SOC TES RENE" CX n:196 CE Gallia Christania, t. 1, p. 569.

4. Gallia Christania, t. XI, p. 171. — Niceron, op. cil., t. XI, p.16. — Hurter, op. Cil., À. I, p. 854.

800 livres, et l’on espérait un secours annuel des États de la province; au total on arriverait à 3.000 livres environ.

Avec cet avenir un peu vague en perspective, les Jésuites furent rétablis au collège de Pamiers l’an 1630, par un arrêt du Conseil, donné le 8 septembre à la requête de l'évêque, du chapitre et des consuls ?. Il n’était que temps pour la jeunesse, car les réformés n'étaient jamais parvenus à réorganiser l'enseignement. Les bâtiments scolaires n'avaient pas été mieux soignés que les élèves. À peine les Pères eurent-ils ouvert deux classes, le 18 octobre, qu'ils éprouvèrent les plus grands émbarras. La maison ne comprenait que trois chambres, peu de mobilier et aucun livreÿ. La chapelle avait été mise en un tel état qu'on fut obligé de célébrer les offices « dans l'écurie où M. de Rohan tenait ses chevaux # ». Les ressources sur lesquelles on avait compté faisaient défaut. L'évêque s'était retiré à Paris où il s’occupait de ses travaux historiques, et les administrateurs de la métairie de Pégulhé employaient à leur propre usage les revenus destinés au collège 5. En attendant de pouvoir mettre ordre à tout cela, on s'ingénia pour entretenir trois régents chargés de cinq classes. Le P. Général voulut qu’en plus il y eût toujours un missionnaire prêt à répondre aux besoins spirituels de la population. Plus tard seulement, grâce à de libérales donations, le collège de Pamiers, sorti des difficultés matérielles, atteindra son plein développement.

10. A l'époque qui nous occupe, la catholique Bretagne n'avait encore que deux collèges de la Compagnie : l’un à Rennes, l’autre à Quimper. Un troisième fut fondé à Vannes durant l’année

\ L'ancienne capitale des Vénètes avait joui dans le passé d’une certaine importance ; les ducs de Bretagne y résidaient, et ce fut -dans ses murs que les Etats du pays sanctionnèrent la réunion de la province à la France (1532). Vers la fin du xvr' siècle elle perdit son Parlement au profit de Rennes, sa rivale (1562). Pour ce qui concerne l'instruction publique, il paraît qu'elle n'eut

1. Lettre du P. Lacaze au P. Général, 2 juin 1630 (Tolos., Fundat. colleg., t. 1, n. 29). Cf. Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. VE 1. XV, n. 85.

2. Arrêt du conseil, 8 sept. 1630 (Archiv. comm., collège, n. 1).

3. Cordara, {. c. — Lettre du P. Général au P. Martin, 15 juillet 1633; au P. Martin, 15 juillet 1633; au P. Racapé, 12 janvier 1634 (Tolos., Epist. Gen. t. I).

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