Comptes rendus au Parlement de Paris,t. NI, p
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et respect. » Et comme l’évêque les avait menacés d'excommunication, ils ajoutaient : «Nous ne croyons pas, Monseigneur, que vous veuilliez aller à cette extrémité, à Dieu ne plaise. Vous agréerez plus tost, s’il vous plait, par les considérations susdites, que nous nous servions de nostre édifice pour une chapelle à y dire la messe, en attendant que Dieu nous ait donné la commodité de bastir ailleurs. C’est La très humble prière que vous font par cet escrit, de Vostre Seigneurie Révérendissime, Les très humbles et très fidèles [serviteurs] en Jésus-Christ, les religieux de la Compagnie de Jésus du collège Saint-Louys d’'Angoulesme!. »
Ce n’est pas. là, croyons-nous, le langage de gens insoumis et intraitables. L'historien du Collège et lycée d’Angouléme est done mal venu de reprocher aux Jésuites, dans cette circonstance, leur « ton hardi et même hautain, la fierté d’un Ordre qui se savait indépendant de la juridiction épiscopale et qui aimait à le faire sentir ? ».
Les « Très humbles remonstrances » auraient dû convaincre l'évêque ; elles ne servivent qu’à l'irriter davantage. Sous prétexte que des copies couraient dans le public et pouvaient « l’abuser », il fit rédiger une requête où l’on s’efforçaiït de réfuter les allégations des Pères, comme contraires à leur admission dans le royaume et à l’édit de leur rétablissement. Sur les conclusions de son promoteur « que les Jésuites ne pouvaient s’aider de leurs privilèges », l’évèque rendit, le 12 février 4626, une ordonnance par laquelle il défendait aux religieux du collège « de bâtir église, niconvertir en église le bâtiment naguère parachevé, ni d'y ériger aucun autel, comme pareillement de ne publier ni soutenir qu’ils peuvent [le faire] sans la licence des évêques, pour autant que cela est rempli d'impiété et d'horreur ». En cas de contravention, il excommuniait lesdits Jésuites et interdisait ledit lieu et prétendue église. Il prescriviten même temps aux curés et aux prédicateurs de publier sa sentence au prône des messes paroissiales, pendant trois dimanches consécutifs, et de lui « en rapporter les certificats * ».
Le 14 février, forts de leur bon droit, les Jésuites en appelèrent de la sentence épiscopale au cardinal de Sourdis, par un acte qui fat signifié au promoteur le même jour. Que si « nonobstant
t. « Très humbles remonstrances.…. » citées par Massougnes, p. 62, 63. Cf. Le Mercure françois, t. XIT, ann. 1626, p.149.
2. Boissonnade, His{. du collège et du lycée d'Angoulême, p. 60.
3. Le Mercure françois, t. XII, ann. 1616, p. 162, 163. — Comptes rendus au Parlement, t. VI, p. 165.
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ledit appel, lui ils vous voulussiez passer outre au mépris de l'autorité dudit seigneur cardinal, comme vous avez eïderins fait, vous déclarent lesdits Jésuites qu'ils sont appelans desdites inhibitions et de tout ce qui se pourroit faire en suite d’icelles à N. S. P. le Pape, où ils protestent de se pourvoir, toutes foiset quantes, tant contre vous que contre ledit seigneur évesque et tous autres, vous enjoignant, de l'autorité du Saint- Siège, faire scavoir lesdites appellations et le contenu en cesprésentes à icelui seigneur évesque, afin qu'il n’en puisse prétendre
cause d’ignorance !. »
En même temps, afin d'éclairer l'opinion, les Jésuites publièrent une Apologie où, s’autorisant du droit eanon et des décrets des conciles, ils déniaient toute valeur à la sentence épiscopale. Dans son ordonnance, Antoine de La Rochefoucauld s'était plaint
d'une certaine remontrance » portant que les Pères m’entendaïent pas demander sa permission pour bâtir. — « Cette remontrance, répond l’Apologie, ne porte pas cela, mais tout le contraire, puisque par elle-même nous vous demandons, sur la fin, expressément permission avec très humbles prières. » Dans la même ordonnance, l’évèque avait invoqué l'autorité du roi. — « Mais quand bien même, répliquent les Jésuites, le roi voudroit que nous fussions sujets aux évesques en tous cas raisonnables, veut-1l pour cela que contre toute raison nous soyons oppressés par aucuns d'eux ou qu'on nous traite ici autrement qu'en tous les autres lieux de son royaume, où nous avons l'exercice libre de toutes nos fonctions ?.. Nous avons obét1, Monseigneur, avec beaucoup d’incommodité io ans et plus, en tout ce que nous avons pu, sans alléguer nos droits et privilèges : au fait des confessions hors du collège, nous avons toujours demandé congé aux curés, outre votre approbation, pour ce que vous lavez ainsi voulu; pour les prédications, vous avez désiré qu’on demandât congé /oties quoties, nous l'avons fait; vous les avez défendues entièment, nous avons cessé du tout. Et ainsi des eatéchismes, missions et autres fonctions que vous nous avez refusées.. Parmi les payens ou barbares, on nous permet d’ériger des autels, de prêcher, de faire le service divin en tout lieu, et dans une ville catholique, chez nous-mêmes, dans notre sol, cela nous est dénié. Le Roi entend-il cela, je vous prie? et l'édit de notre restablissement en dit-il mot? »