Comptes rendus au Parlement, t. VI, p
Les religieux démasquaient ensuite le prétexte ridicule de l'opposition du prélat. « Vostre censure est nulle, parce que vous faites du juge en vostre propre cause, s'agissant ici de nostre chapelle et du fumier de vos écuries : Nemo sibi judex esse potest…. Mais qui sera le juge qui nous biasme d’avoir basty en la nécessité où nous sommes, aux despens de la ville et des aumosnes des gens de bien, une chapelle à faire le service divin en un lieu le plus commode que nous ayons, tout entièrement nostre, distant de vos estables (écuries), une grande place entre deux, et selon le jugement de tous, assez décent et convenable? Vous seul estes d’advis contraire, Monseigneur! ».
L'Apologie se terminait, ainsi que les « Remontrances », par une protestation de soumission à l’évêque et non pas, comme le dit M. Boissonnade, « par un refus d’obéissance ? ».
On ne sait pas au juste comment se termina ce ridicule conflit. Sans doute Antoine de La Rochefoucauld comprit que sa cause, assez mauvaise, n'était soutenue par personne. De leur côté les Jésuites ayant persévéré dans leur légitime dessein, n’y furent plus contrariés: l’apaisement se fit et la chapelle, objet des débats, fut ouverte au culte. Mais jusqu’à la mort du prélat, les relations restèrent froides entre l'évêché et la Compagnie.
6. Partout, suivant le désir du P. Général, les Jésuites s’efforcaient de donner l'exemple de la soumission à l’autorité ecclésias- ‘tique comme à l'autorité civile. Mais la malveillance Les observait de si près, interprétait si faussement leurs intentions, qu’elle trouvait encore à redire aux actes les plus inoffensifs. Un fait entre beaucoup d’autres.
C'était la coutume au collège AA en Provence, comme dans toutes les autres maisons de la Compagnie, d’ pos particulièrement le saint fondateur le jour de sa fête, en exposant son image au-dessus du maïtre-autel. Or, à Aix, cette place était occupée d'ordinaire par un tableau de saint Louis. IL sembla scandaleux à certains esprits mal tournés que le portrait du saint roi fut caché, même un jour, par celui de saint Ignace. Le 30 juillet 1627, M° Decormis, avocat général au Parlement, ne dédaigna point de venir à l’église pour inspecter les préparatifs de la décoration et, « quoy que rien ne pareust encore parce que le treillis estoit tendu, se doubta que l’on mettroit saint Ignace couvrant