‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 161 sur 308 · De Montzey, L. c · texte numérisé non relu

De Montzey, L. c

2. Ce nombre augmenta encore de la suite, variant de 2.500 à 3.000 (Cf. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l’Archevéché de Rennes, t. IX, p. 438).

s’efforçaient de franchir Le seuil: 1l s’ensuivit une bagarre dans laquelle trois jeunes écoliers des classes de grammaire furent blessés. Après ce bel exploit, nos mutins se retirèrent satisfaits de leur manifestation, et sans trop penser à ses suites. Plusieurs, pour la circonstance, s'étaient quelque peu déguisés ; mais leurs maitres les avaient tous reconnus. En portant plainte au procureur général, le P. Recteur put lui donner leur nom, leur signalement et l'adresse de leur domicile !.

Dès le 8 mai, l'avocat général Busnel prit contre eux des conclusions et demanda qu'ils fussent amenés par deux huissiers devant Le P. Recteur pour recevoir un juste châtiment. Le lendemain, la Cour rendit un arrêt par lequel elle confiait au séné-

chal l’arrestation des coupables ?. Nous ignorons la peine qu'ils 5 P q

subirent; mais nous voyons que, pour empêcher toute récidive,

le sénéchal multiplia les visites domiciliaires, saisit « les espées, pougnartz et aultres armes », interdit aux étudiants d’en avoir et d’en porter, et aux maîtres de pensions de leur en souffrir, Les rendant responsables de tous les méfaits que leurs jeunes hôtes pourraient commettre à main armée *.

Dans la suite on ne trouve plus l'intervention de la police dans de semblables affaires et l’on peut croire que cette grave muti-

nerie fut un cas isolé.

9. Nous avons signalé tout à l'heure la prospérité du collège de Rennes. Dans d’autres villes encore, la Compagnie prenait de mouveaux accroïssements. À Tulle#, à Chaumont *, à Embrun ‘, à Charleville 7, à Moulins 8, à Reïms *, on augmentait le nombre des classes. À Paris, en 1630, au collège de Clermont, la classe de cinquième était tellement fréquentée, que les Pères résolurent de la diviser en deux sections après Pâques. Le recteur de l’Université ayant appris ce projet, s’en émut. Il alla se plaindre au premier président du Parlement : si on laisse

1. Mémoire du P. Recteur (Archives du Parlement; minutes de la grand’chambre).

2. Conclusion de l'avocat général et arrêt de la Cour, 8 et 9 mai 1629 (Zbidem).

3. Toidem. Cf. Parfouru, Une omvutinerie d'Écoliers (Annales de Bretagne, +. IX, p. 543-594). Voir aussi G. de Saint-Sauveur, Le collège de Rennes (Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, t. XLVI), p. 178, 179).

4, Cordara, Hislor. Soc. Jesu, P. VI, L. X, n. 108.

Page 1