Litt. ann. mss. 1627 (Campaniæ historia, n
8. Archiv. de l'Allier, D. 3. Cf. Bouchard, His{. du coll. de Moulins.
9. Fondation d’un cours de théologie par François Bruslart (Archiv. de la Marne, D, 198).
faire Les Jésuites, dit-il, bientôt ils auront deux collèges dans une seule maison. M. de Champigny répondit qu’en tous cas on saurait bien les forcer à l'observation des lois : Si quid Jesuitae contra jus et leges attentant, eos coercebimus!. Nraiment, les lois du royaume n’avaient rien à voir ici; il s'agissait d’un règlement intérieur, et les Pères étaient parfaitement libres de prendre une mesure très favorable aux progrès des élèves. Devant l'opposition de l’Université, soutenue par le Parlement, ils y renoncèrent.
Ainsi la menace de mesquines tracasseries paralysait les plus louables efforts ou empêchait l'usage de droits incontestables.
À Pau, les Jésuites auraient pu, d’après les patentes royales, enseigner la philosophie et la théologie, conférer les grades, jouir de tous les privilèges de l’ancienne Université d’Orthez. Ils s’en abstinrent dans la crainte de voir leur collège de Pau exposé aux mêmes vicissitudes que celui dé Tournon, contre lequel s'étaient liguées toutes les Universités du royaume ?. Mais le Parlement de Navarre n’approuva point leur timidité; par un décret du 24 juillet 1629, il leur ordonna de conférer les diplômes de baccalauréat, de licence et de doctorat aux élèves dûment examinés”. Pourquoi, en effet, leur disait-on, obliger les étudiants béarnais à émigrer dans les Universités voisines, quand, de par la volonté royale, le collège de Pau avait les prérogatives universitaires? Toutefois la Cour ne prétendait rien imposer que sous le bon plaisir de Louis XIII. De son côté Le P. Vitelleschi, auquel Le P. Provincial en avait référé, ne voulut donner aucune autorisation avant de bien connaître les anciens statuts de l’'Université d'Orthez et les intentions de Sa Majesté “. En fait, et sans . doute pour éviter les éclats de la jalousie, aucune décision ne fut
1. Decretum Universitatis de Jesuitis, 17 avril 1630 (D’Argentré, Coll. Judic., t. 1, P. IL, p. 312). Se
.2. Nous avons raconté plus haut les difficultés du collège de Tournon. Ajoutons, pour être complet, que dans plusieurs autres villes les Jésuites eurent des différends avec les Universités locales, auxquelles leurs collèges étaient incorporés. Ainsi, à Avignon, pour divers motifs (Chossat, op. cif., p. 388 et suiv.); ainsi à Reims où la validité de l'acte d'agrégation fut longtemps contestée (Cauly, op. cit., p. 324 et suiv.; — Varin, Archiv. législat., IT, p. 648 et suiv.); à Dôle quand le collège, devenu de plein exercice eût été uni à l’Université; celle-ci se réserva le droit de présider les examens et de conférer les grades; mais elle en profita pour mettre obstacle aux disputes publiques et traiter les élèves des Pères avec une partialité manifeste : de là, longue querelle qui ne cessa qu’en 1681, lors du transfert de l'Université à Besancon (Cf. Archives comm. de Dôle, n. 1474, requêtes et plaintes des Jésuites; — Les Universilés de Franche-Comté, p. cexxxvi-cxxxvur. — Feuvrier, Ze collège de l'Arc, p: 49 et suiv.).
3. Decretum supremae curiae Navarrensis, 24 juillet 1629 (Aquitan. hist., n. 43).
4. Lettre du P. Général au P. Malescot, 8 janvier 1630 (Aquitan, Epist., t. Il)
prise. Du moins, nous ne voyons nulle part qu'on ait continué les négociations au sujet de la collation des grades. Les annales de la Province d'Aquitaine nous ont seulement conservé le souvenir d’un brillant tournoi théologique auquel assistèrent trois évêques et un grand nombre de membres du Parlement. Il fut suivi de la conversion du Président Gassion qui, après avoir abjuré l'erreur, retira son fils des mains des hérétiques pour le confier aux Pères de la Compagnie !.
10. Il arrivait parfois que des ennuis étaient causés aux Jésuites par les plus insignes bienfaiteurs de leurs maisons. Ainsi, à Bourges, eurent-ils quelque peine à satisfaire pleinement le prince de Condé.
Henri I de Bourbon, gouverneur du Berry et du Bourbonnais, duc et pair de Châteauroux, avait manifesté l’intention d’ériger dans cette petite ville un collège de la Compagnie auquel il destinait quatre mille livres de revenu ?. Les supérieurs lui représentèrent le tort que ce nouvel établissement ferait à celui de Bourges. Ne serait-il pas préférable d'’assigner à ce dernier les fonds disponibles « afin de le rendre parfait et accomply en qualité de grand collège selon la forme » de l’Institut 5? Le prince accueillit favorablement la proposition; non seulement il consentit à augmenter de quatre mille livres la dotation de Bourges, il y joignit encore un don de douze mille livres pour la construction des bâtiments. Par un contrat passé le 16 juin 1625, le P. Jean Foissey, recteur, promit d'ajouter à l’enseignement des lettres et de la philosophie celui de la théologie, de l’Écriture Sainte et dé l’hébreu #. Le 25 octobre suivant, le prince et les notabilités de la ville assistaient à l'inauguration solennelle des cours.
« Je veux, avait dit le gouverneur du Berry, défendre et protéger la Compagnie de Jésus comme si j'en étais le général. » Et il tint parole. Il eut d’abord à la secourir dans un démélé avec l’Université de Bourges. Celle-ci, contrariée de l'importance acquise au collège par l'admission du haut enseignement, ne tarda pas à manifester sa mauvaise humeur. Depuis 1575,