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Monseigneur l’Archevesque fit les cérémonies qui durèrent près de trois quarts d'heure. Quoy que Le temps fût fort fascheux, le froid grand avec des frimats de neige et grésil, chacun demeura fort satisfaict de l’action. Le Roy mesme mit les quatre médailles au quatre coings de la table de marbre qui est enchâssée entre les deux pierres fondamentales, et avec une truelle d'argent au manche d’ébène print le mortier fort dextrement et de bonne grâce, et le deschargea sur les jointures de la pierre et du marbre {.»
Les historiens se partagent au sujet du plan de l’église, ïes uns l’attribuant au Frère Martellange, les autres au P. François Derand. Tous les deux, selon Piganiol de La Force, auraient dressé chacun leur projet. Martellange, dit-il «qui étoit habile architecte, s’étoit proposé dans son dessein d’imiter l’église de Jésus de Rome, qui aété bâtie par le fameux Vignole, et qui est une des plus belles qu'il y ait en Italie. Le P. Derand au contraire n’avoit copié que lui-même, et malheureusement les Jésuites préférèrent son dessein à celui de Martellange? ».
Le biographe de ce dernier, M. Charvet, est du même avis. « On ne trouve pas dans cette œuvre, observe-t-1l, la simplicité qui caractérise les ouvrages de notre artiste et qui devint un défaut aux yeux des Pères qui attachaient en ce moment à l'éclat une importance telle qu'ils le confondaient presque toujours avec le bon goût. Le P. Derand a dû être influencé par la façade de l'église Saint-Gervais et Saint-Protais avec laquelle on trouve plus d'une analogie... Il ne serait pas impossible néanmoins que Martellange, en saqualité de religieux d’un Ordre où l’obéissance et l'humilité sont poussées à l'extrême, ait fourni des
détails, des dessins et même la surveillance qu’on était en droit
d'exiger de lui. Ce serait à cette circonstance qu’on aurait pu lui attribuer d'être aussi l’auteur de la composition 3. »
Et M. Charvet ajoute que, faute de preuves écrites, il en est réduit à des conjectures. Plus heureux que lui, nous pouvons donner le mot de l'énigme grâce à un recueil de plans conservés à Quimper où il avait été apporté en 1667 par le Frère coadjuteur Charles Turmel. Sur l’un des dessins de cette collection nous trouvons la note suivante dont nous respectons le style :
1. Lettre du P. Tacon au P. Procureur général de la Compagnie, 10 mars 1627 (Fran- Cia, Fundat. colleg., t. I, n. 9).