‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 17 sur 308 · Le Mercure françois, t. XI, ann. 1625, p · texte numérisé non relu

Le Mercure françois, t. XI, ann. 1625, p

confesseur ordinaire. Puis venaient quatre aumôniers, deux chapelains, deux clercs de chapelle et douze prêtres de l’Oratoire parmi lesquels le P. Achille de Harlay-Sancy, ancien ambassadeur de France à Constantinople!. Ce grand nombre d’ecclésiastiques devait donner de l’ombrage aux Anglais : ils les regarderont comme autant d'ennemis du protestantisme, venus dans leur pays pour y rétablir l'autorité du Pape sous la protection de la jeune reine?. En fait, ce mariage tout politique, voulu par Richelieu, ne servira ni la religion, ni même l'alliance anglofrançaise.

5. Quelques jours avant le départ de Madame Henriette, le : 21 mai, le cardinal Barberini, neveu d’'Urbain VIII, était arrivé à Paris en qualité de Légat. Il venait traiter avec Le roi de France les affaires de la Valteline.

Étroite et fertile vallée de vingt lieues de longueur, la Valteline reliait le Milanais avec le Tyrol autrichien, et interceptait les communications des Vénitiens avec la Suisse et la France. On conçoit quel intérêt les Espagnols avaient à s’en emparer. Elle avait été cédée aux Grisons par les évêques de Coire au commencement du xvi° siècle. Mais comme les Grisons, devenus protestants, persécutaient les Valtelins restés catholiques, ceux-ci s'insurgèrent et se placèrent sous la protection de l'Espagne. Répondant à leur appel, le duc de Féria, gouverneur du Milanais, se rendit maitre de toutes les places fortes de la vallée.

Or, la France n'avait pas moins d'intérêt que l'Espagne à se ménager un passage au nord de l'Italie; aussi les Grisons furentils bien accueillis de Louis XIII, quand ils vinrent en 1620 implorer son secours contre les Valtelins révoltés. Le gouvernement français ne pouvait se dispenser d'intervenir en faveur d'anciens alliés, et il Le fit sans retard. Mais, au lieu d’entreprendre une action militaire, que lui interdisaient alors les troubles intérieurs du royaume, il eut recours à la voie des négociations. Bassompierre se rendit à la cour de Madrid, afin de protester contre l'invasion de la Valteline. Par le

traîté du 25 avril 1621, les Espagnols promirent d’évacuer

1. Cf Houssaye, Le cardinal de Bérulle et le cardinal de Richelieu, p. 10.

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