‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 174 sur 308 · bidem · texte numérisé non relu

bidem

d'encourager le ministère « comme très utile, agréable à Dieu, cher à la Compagnie depuis sa naissance et abondant en fruit

de salut, si l’on chbservait exactement les règles des missionnaires ! ».

2. Parmi les prédicateurs en vogue dans la période de 162% à1630 nous citerons quelques noms desplus connus . C’est d’abord le P. Coton, qui parcourt en apôtre la province d'Aquitaine. dont il avait l'administration. Nous le trouvons en 162% prêchant avec süccès le carème à Poitiers, puis l’octave du Saint-Sacrement à Fontenay-le-Comte. « Le P. Coton, écrivait un magistrat de cette ville, nous a presché l’octave de la Feste-Dieu avec un méritoire applaudissement et un fruit inestimable pour l'Eglise catholique?. » De Fontenay Le provincial d'Aquitaine se rendit près de La Rochelle, au Fort-Louis, où commandait le bravé capitaine Arnaud que, deux ans auparavant, il avaitconverti. Les instructions qu’il donna aux soldats de la garnison produisirent les plus heureux résultats. Il ne pouvait, comme jésuite, songer à exercer son zèle dans La Rochelle même, alors boulevard de l’hérésie; 1l voulut du moins avoir la consolation d'y célébrer les saints mystères. Le capitaine Arnaud transmit son désir aux Oratoriens, en les priant d'obtenir de la municipalité que le P. Coton püt leur faire visite et dire la messe dans leur église. Le conseil de ville se montra dans cette circonstance plus condescendant qu'il ne l'avait été autrefois à l'égard du P. de Ségruiran? envoyé par Henri IV. Considérant que le P. Coton ne demandait qu'à rendre visite à des amis, il conclut dans une de ses délibérations qu’il fallait Le recevoir. Le maire et les échevins allèrent à sa rencontre ,ouvrirent par exception la porte depuis longteraps condamnée, du côté du Fort-Louis, accueiïllirent le religieux avec honneur et le conduisirent à la maison de lOratoire ; ils lui envoyèrent même des présents comme cela se pratique d’ordinaire à l’arrivée des grands personnages. Le Père répondit à ces prévenances avec sa distinction naturelle, une noble simplicité qui charma tout le monde. On parla beaucoup, à La Rochelle et ailleurs, de la réception brillante faite à l'illustre ami de Henri IV par les magistrats huguenots; maïs on se perdit en conjectures

Page 1