Voir tome II, p
COMPAGNIE DE JÉSUS. — T. IV. li
sur leurs véritables intentions. Laissons-leur le mérite d’avoir uniquement fait preuve de tact, de bon goût et de tolérance !.
Dans le cours de ses visites provinciales le P. Coton eut l’occasion de revoir le Béarn; il remarqua, non sans étonnement, que partout, et dans la ville de Pau spécialement, les calvinistes ne craignaient point d’encourir la colère de leurs ministres en traitant avec égard les religieux de la Compagnie et en leur confiant leurs enfants?.
Après avoir quitté la province d'Aquitaine pour gouverner celle de France, le P. Coton se fit entendre plusieurs fois dans la capitale. « Il commença ses prédications de cette année 1625, dit le P. Garasse, par la fête de la Purification, dans Saint-Gervais, suivant la coutume de Paris, parce que les prédicateurs de carême prennent possession de leur chaire à tel jour. Le Roy, les Reynes, Monsieur et toute la cour y fut. » La station fut suivie « avec un grand concours, tant que la petitesse du lieu le put permettre *. » — « Je ne saurois vous dire, écrivait le nonce au P. Général, toute l'édification, tout le contentement qu'ont procuré à cette ville pendant le présent carême les prédications du fameux P. Coton qui nous ont empêché de sentir aussi vivement l’absence du P. Arnoux. » L'année suivante l’éminent orateur commençait à Saint-Paul son trente et unième ou trente-deuxième carème, mais nous savons que la mort ne lui permit pas de l’achever?.
Le P. Garasse dont le talent d'écrivain était assez discuté, se voyait très recherché comme prédicateur à cause de son caractère tout personnel et si original. Il prêche l’avent à Saint-Merry et le carème à Saint-Etienne-du-Mont en 1625, et, quelque temps avant son retour dans l’Aquitaine, sa province, Le carême à Saint- Sulpice en 16266. Les chroniques des Ursulines nous ont aussi conservé le souvenir d’un de ses sermons donné À Paris dans leur communauté pour l'inauguration de la chapelle des Saintes- Reliques. M"° de Sainte-Beuve l'avait invité à parler sur le culte des Saints. « Il prêcha un admirable discours où il dépeignit ce lieu comme un petit paradis terrestre, en sorte qu'il laissa
1. Relation du Socius du P. Coton, citée par Prat, Recherches, t. IV, p. 406-408.