Récit au vray, p
toute la maison dans le plus vif désir d'en jouir au plus tost!. » |
Avec les PP.-Coton et Garasse, les PP. Suffren, de Séguiran, Voysin, Le Jeune occupaient les meilleures chaires de la capitale, tandis que les cathédrales des grandes villes de France se disputaient les PP. Rollin, Jacquinot, Arnoux et plusieurs autres. Sur un théâtre moins éclatant, le P. Paul de Barry avait le mérite et la consolation de ramener à la foi les habitants de la petite ville de Paray. Quand il y vint en 1626 annoncer la parole de Dieu « on y comptait à peine douze familles demeurées fidèles à l'Église ». Tel fut le triomphe de son apostolat, qu'il fit renaître dans la population la vie catholique et même le désir de la vie parfaite*.
Le P. Nicolas Caussin, littérateur distingué, n'eut pas moins de réputation comme orateur. À deux reprises, en 1624 et en 1628 il avait été désigné pour prêcher à la cour de Belgique, mais chaque fois 1l protesta de son peu d’attrait pour un emploi si brillant, et malgré les instances de l’Archiduc, il obtint de rester en France avec la liberté de s’employer à de plus humbles ministères*.
3. A la prédication se rattache l’œuvre des missions intérieures. Grâce aux recommandations du P. Général, elle reçut alors dans Les cinq provinces françaises une nouvelle impulsion. Jamais les Pères n’avaient laissé languir un apostolat aussi important; ils s'y consacrèrent de 1624 à 1630 avec une activité extraordinaire. Les circonstances d’ailleurs réclamaient ce redoublement de zèle. En effet les victoires de Louis XIII sur les huguenots avaient eu pour conséquence le rétablissement du culte catholique dans tout le midi. C'était le moment de faire entendre dans les contrées les plus infectées d’hérésie les enseignements de la religion et d’y détruire les abus implantés par les ministres de Calvin. Dès l’année 1622, des missions, dites royales parce qu'elles étaient fondées par le roi, avaient été établies dans la
1. Cf. De Leymont, Madame de Sainte-Beuve, p. 282, 283. Cette chapelle construite aux frais de M° de Sainte-Beuve était attenante à l’église des Ursulines sur laquelle elle prenait jour par deux fenêtres ; placée dans la clôture, elle était réservée aux habitantes du monastère.
2. Zeller, Le P. Paul de Barry, p.27 et suiv. Cf. Ménotoge de l’Assist. de France, t IL-pa41o0f.
S: Laitre du P. Général au P. Caussin, 14 juin 1624 (Francia, Epist. Gen., t. IV). Lettre du P. Général au P. Filleau, 28 juillet 1629 (Zbidem, t. V).
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province d'Aquitaine, à Bergerac, à Puymirol, à Clérac, à Duras, à Nérac, à Condom, à Tonneins, à Château-Jaloux et à Langogne. Toutes dépendirent d’abord du collège d'Agen, lequel y employait dix Pères, deux scolastiques et deux frères coadjuteurs. L'année suivante la mission de Bergerac fut affectée au collège de Périgueux et celle de Château-Jaloux au collège de Bordeaux, tandis que celui de Tulle était chargé de fournir des missionnaires à Beaulieu, dans le Limousin. En 1624 une nouvelle mission fut établie à Sainte-Foy par le collège de Bordeaux, et la résidence d’Orthez devint une simple mission dépendante du collège de Pau!.
Le zèle apostolique des Pères fut plus d’une fois secondé par d'éclatants prodiges, et bientôt tout changea de face. La connaissance et la pratique des devoirs religieux remplaça partout les désordres que le calvinisme avait introduits. Cette transformation fut si rapide et si complète qu'on la regardait comme un miracle de la grâce. L'œuvre de régénération une fois accomplie, les missionnaires ne l’abandonnaient pas aux vicissitudes du temps. Afin d’en conserver les fruits, ils associaient dans de pieuses confréries les personnes les plus ferventes de la contrée. Le but n'était pas seulement d'accomplir certains actes de dévotion surérogatoire; on devait encore visiter les malades, secourir les pauvres et, par le bon exemple, porter le prochain aux vertus chrétiennes. La Confrérie de la charité, établie à Nérac en 162%, peut être regardée comme le type de ces groupements d'élites?. L'apostolat, si prospère dans la province d'Aquitaine, n'était pas moins fécond dans les autres contrées méridionales
où se trouvaient plusieurs centres hérétiques. Outre Les anciennes
missions de Gray, de Bourg, de Montélimar, de Die, d'Uzès, de Salins, de Pontarlier, de Paray, de Fréjus, dans la province de Éyon, de nouvelles missions furent établies à. Chabons, à Pilles, à Nvous en 162% ; à Nimes et au Buis en 4625: à Arles, dans la vallée d'Aoste, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, en 1626; à, Evian, à Baume, à La Mure em 4627; dans la vallée de Pragela en 16303. Les missions de Sommières et d’Annonay dans la province de Toulouse existaient depuis 1622, et. celle de Lectoure depuis