Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. VI, I. X, n
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LA
de Parabère avait concu quelques doutes sur les croyances hétérodoxes dans lesquelles il avait été élevé; âme droite et sincère il voulut s'instruire, et s'adressant à l’évêque diocésain, Michel Raoul, il le pria d’autoriser une dispute entre un docteur catholique et un ministre réformé. Regourd et La Faye furent choisis. Au jour indiqué une foule nombreuse envahit le lieu de la conférence. On n’attendait plus que le signal de l'attaque, quand on vit tout à coup le champion des huguenots se retirer discrètement de l’assemblée où il ne reparut plus. Le champion des catholiques, maitre du terrain, prit la parole, expliqua le sujet de la controverse, exposa la doctrine orthodoxe et réfuta celle de Calvin. La fuite du ministre et l’éloquence du Père triomphèrent des dernières hésitations du gouverneur : il se convertit sur-lechamp avec toute sa famille !.
L'année suivante le P. Regourd, toujours intrépide, forçait le ministre Ruvanel à une honteuse retraite ?, puis, au mois de juillet 1629, il engageait à Paris, contre Le ministre Mestrézat une nouvelle lutte qui eut, à l’époque, un grand retentissement.
C'était pendant une absence de Richelieu, alors avec le roi dans le Languedoc. Plusieurs personnes « plus zélées que prudentes » espérant quelques bons résultats d’une conférence publique sur des matières de controverse, imaginèrent d'en instituer une dans la capitale, et, à l’insu de l’archevèque, obtinrent de Marie de Médicis l'autorisation nécessaire. De leur propre initiative elles choisirent le lieu de la réünion, le ministre qui devait parler et le jésuite qui devait répondre; après quoi, la dispute commenca, présidée par les hommes les plus distingués, tels que M. de La Force et le commandeur de La Porte, oncle de Richelieu *.
Douze jours durant, les discussions se poursuivirent au grand scandale des esprits timorés. À côté de ceux-ci, de graves et prudents personnages ne voyaient pas sans appréhension la publicité d’un débat doctrinal, sur l'opportunité duquel l'autorité ecclésiastique n'avait pas même été pressentie. Les uns parlaient de recourir au Parlement ou de réclamer une défense formelle de la reine ; l’archevêque songeait à venir en personne, : avec la crosse, intérdire solennellement la discussion. Plus