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calmes, le cardinal de La Valette et les évèques d'Orléans et de Chartres s'entendaient avec le P. de Bérulle « pour terminer la conférence sans éclat. » Elle n’avait déjà fait que trop de bruit, et quand Richeheu en fut informé il témoïgna son mécontentement par cette lettre adressée de Pézenas à M. de Rancé. « Aïant appris comme la reyne, par brevet. permit une conférence entre un jésuite et un ministre, et qu’en suite cette action a fait un tel esclat dans Paris que toute la ville en a esté scandalisée, je ne puis que je ne vous.en tesmoigne estre étonné comment la reyne, dont la prudence est cogneue à un chacun, s’est en cela laïssée surprendre ?. »
Coïncidence piquante : à l'heure même où le cardinal écrivait ces lignes, on réimprimait chez Cramoisy Les Principaux points de la foi... défendue. contre les quatre ministres de Charenton. Or, dans ce livre paru en 1617, Richelieu alors évêque de Luçon, préconisait les conférences publiques avec les protestants, ne désirant rien plus, disaitil « que rencontrer les occasions de remporter à l'avantage de la vérité de nouvelles dépouilles sur leurs erreurs ». Ainsi ce qu'avait approuvé l'évêque, le cardinal le blâmait. Où done était l'opinion juste? Dans le livre ou dans la lettre? Peut-être l’expérience des affaires avait-elle appris au cardinal ministre quelque chose que M. de Lucon ignorait.
À Rome, on était plus frappé des inconvénients que des avantages de ces controverses publiques. Le 8 septembre 1629, le P. Général écrivant au P. Regourd, lui marquait un vif déplaisir de sa dispute avec Mestrézat. « Les hommes sages, disait.
il, savent par expérience que ces conférences, Île ‘plus souvent
inutiles, sont parfois dangereuses pour le bien de la religion ; aussi sont-elles condamnées par le Souverain Pontife. S'il venait à connaitre ce qui s’est passé à Paris, il ne mançquerait pas de me faire appeler pour s’en plaindre #. » Le P. Vitelleschi craignait que les adversaires de la Compagnie ne profitassent de quelque imprudence pour lui susciter des querelles. 11 fut bientôt rassuré par le cardinal de La Rochefoucauld et M. de Sillery qui louèrent comme il convenait le zèle du P. Regourd et le fruit, non seulement de ses prédications, mais encore de ses conférences avec les hérétiques£. Le célèbre controversiste était même tellement
1. Houssaye, Le Cardinal de Bérulle et le Cardinal de Richelieu, p. 458, 459.
2, PS de Richelieu à M. de Rancé, 30 juillet 1629 (Avenel, op. cil., t. XI, P. 394).
3. Lettre du P. Général au P. Regourd, 8 sept. 1629 (Francia, Epist. Gen., t. V). 4. Lettre du cardinal de La Rochefoucauld au P. Général, 2 août 1629 (Bibl. de
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apprécié de plusieurs personnages, qu'ils obtinrent, par l’entremise de l'ambassadeur français à Rome, la prolongation de son séjour à Paris, | +
Outre les disputes publiques que nous venons de signaler, nous trouvons encore la trace de plusieurs autres, mais sans en connaitre les détails. Ainsi, en 1624, nous voyons Le P. Audebert aux prises avec le ministre Pierre, de Salette ; en 1626, le P. Martincourt se mesure avec Le ministre Vinay, à Annonay ; en 4630, le P. Hevin avec le ministre de Castel?, Le P, Cordara mentionne encore, sans nommer les combattants, trois disputes qui eurent lieu, à Pau en 1625, à Florensac et à Gignac en 1626 $.
De’ nombreuses conversions, même de ministres, venaient encourager et récompenser les travaux des missionnaires. Qu'il nous suffise de rappeler ce qui se passa en 1628 dans la petite ville hérétique d’Aubenas. Après l'entrée de François d'Ornano, frère du défunt maréchal, et la destitution des magistrats calvinistes, les Jésuites du collège prêchèrent une grande mission. Six Pères étaient continuellement occupés à instruire, à confesser, à absoudre ces âmes jusqu'alors rebelles à la grâce. En moins de trois semaines, deux cent cinquante familles abjurèrent#. La plupart de ces hérétiques, regardés comme les plus opiniâtres du pays, « avouaient librement, dit Richelieu, qu'ils avaient désiré une telle occasion de se réduire, les uns depuis six ans, les autres depuis dix, voire quelques-uns depuis trente; tant les respects humains, bien que petits et faibles en considération des choses divines et de notre salut, sont quelquefois puissants et quasi nécessaires pour notre conversion © ».
5. Tandis que missionnaires et controversistes se livraient à de fructueux travaux, les écrivains de la Compagnie ne chômaient
pas.
Le P. Fronton du Due venait de mettre la dernière main à son
grand ouvrage, la Bibliothèque g créco-latine des anciens Pères et
S'e-Geneviève, ms. 3238, f. 211, 212). Lettres du P. Général au card. de La Valette, 23 sept. 1629, à M. de Sillery, 8 janvier 1630 (Gallia, Epist. Gen. ad Externos, 1613- 1672).
1. Lettre du P. Général au P. Filleau, 31 août 1630 (Francia, Epist. Gen., t. V).
2. Sommervogel, op. cil., t. IV, c. 360. — Piaget, op. cüt., p. 578.