D. Petau, De Doctrina temporum, dédicace, au début
#7 Fr Ad Lin nn he 2 27222)
le De emendatione tlemporum de Scaliger faisait autorité; auss l'orgueilleux protestant se vantait-il d’avoir dit le dernier mot. « On pourra bien ajouter ou retrancher à mes écrits, on pourra s’en servir avec une méthode nouvelle; mais la doctrine qu'ils renferment est tellement sûre qu'on n'y pourra rien innover. Comme Archytos de Tarente mit le premier les principes géométriques dans la seiencé mécanique, ainsi les ai-je mis le premier dans la science des temps!. » Telle était, en effet, l'opinion reçue au début du xvu° siècle. Protestants et catholiques, tous, pleins d'admiration pour la science chronologique de Sealiger, le eonsidéraïent « comme un génie incapable de se tromper, où dont Les erreurs ne pouvaient être aperçues ni corrigées que par luimême? ». Le P. Petau dissipa ce préjugé, en réfutant un ouvrage surfait et en posant la base d’une chronologie universelle. L'écrivain protestant n'avait point de méthode; il s’exprimait d’une facon peu claire, et, pour déguiser ce défaut, il avertissait ses lecteurs « de n’approcher point s’ils n’étaient initiés à toutes les sciences et à tous les arts libéraux? ». Petau, helléniste, hébraïsant, latiniste consommé, théologien éminent, historien surtout et même astronome, prit un malin plaisir, avant de montrer les fautes de Scaliger, à remanier le: texte même de celui-ci en exprimant les mêmes idées sous une forme beaucoup plus in+-
telligible, en sorte que désormais pour bien entendre le protés-
tant il faudra recourir d’abord au jésuite. On a reproché à ce dernier d’avoir traité son adversaire «sans merci ». Mais Sealiger n'avait jamais eu de pitié pour personne : il subissait maimtenant la peine du talion.
La chronologie de Petau ne pouvait, être, vu l’époque, le dernier mot de la science; elle prouve du moins, par le long crédit dont celle à joui, la supériorité de l'esprit qui l'avait conçue:
La Doctrine des temps se compose de trois parties. La première, uniquement spéculative et base de tout l'ouvrage, traite de la science d’ordomner et de disposer Les temps selon les règles de l'astronomie. La seconde, application des principes précédents à l’histoire, roule tout entière sur les moyens de fixer à des temps déterminés les événements les plus importants. La troisième est une chronologie de tous les faits historiques, depuis le commencement du monde jusqu’à l’an 533 après Jésus-Christ.
1. Cf. Chatellain, Ze P. Denis Petau, p. 200. 2. Niceron, op. cût., t. XXXVII, p. 110.