‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 185 sur 308 · Chatellain, op. cit., p · texte numérisé non relu

Chatellain, op. cit., p

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L'impatience de l’imprimeur à l’approche de la Foire de Francfort, ne permit pas à l’auteur de conduire plus Loin son travail !. Cette chronique de l’histoire, comme l’appelle le P: Oudin, ne renferme que .des faits et des dates: mais elle n’en est pas moins, au dire des savants, un véritable chef-d'œuvre qui à servi de base à d'innombrables édifices. Jean Albert Fabricius, célèbre professeur d’éloquence à Hambourg, regrettait que personne ne l'eût continué jusqu’à nos temps avec la même exactitude et en suivant la même méthode. « Denis Petau, disait-il, a écrit de merveilleuses pages, et, bien qu'il s’acharne trop violemment après son adversaire, il a conquis l’immortalité dans son livre de La Doctrine des Temps”. »

Nous pourrions multiplier les élogieux témoignages rendus à l’auteur par des protestants, enthousiastes de Scaliger ; nous nous contenterons d’invoquer celui d’un calviniste français, Alexandre Morus, ennemi déclaré des Jésuites. « IL faut nécessairement, écrivait-il, compter Denis Petau parmi les princes de la chronologie: Comment ne pas admirer le multiple génie de cet homme, Son érudition qui embrasse tant de choses à la fois, sa facon de s'exprimer qui est si latine et si harmonieuse? Notre admiration va si loin que nous le suivons souvent de préférence à Scaliger5. » On peut juger, par cette appréciation d’un huguenot, ce que dut être celle des catholiques. « Denis Petau, écrivait le cardinal Noris, est le plus laborieux des hommes et, en fait de science chronologique, non seulement personne en notre siècle n’est son égal, mais personne n’approche de lui. »'

Pourtant quelques Pères de la Compagnie trouvèrent à redire à une page importante du magistral ouvrage : ils reprochèrent à l’auteur d’avoir abandonné, sur l’année de la naissance de Jésus- Christ, le sentiment de Baronius, qu'ils s’imaginaient être celui de l'Église. Or le P. Petau, esprit large et indépendant que le prestige d'un grand nom ne pouvait arrêter devant une conelusion logiquement tirée de données scientifiques, était en même temps plein de soumission à l'autorité infaillible de l'Église romaine. Il s'empressa donc de publier une lettre de justification, où il montrait que son opinion n'étant point en désaccord avec l’enseignement catholique, il était libre de l’admettre et de

- D. Petau, De Doctrina temporum, note à la fin de la troisième partie. - Cité par Niceron, op. cit., p. 109, 111.

. Ibidem, p.111.

- Cité par Chatellain, p. 208.

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