‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 188 sur 308 · Le Mercure françois, t. XNI, ann. 1630, p · texte numérisé non relu

Le Mercure françois, t. XNI, ann. 1630, p

8. Ibidem, p. 553. Cf. Annales des soi-disans Jésuites, t. II, p. 368; — Floquet Histoire du Parlement de Normandie, t. IV, p. 423 et suiv.

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nants, et quelques opuscules !. Rotrou, grand imitateur d'Euri-

pide, de Plaute et de Sénèque, ne dédaigna point d'imiter aussi le

P. Cellot auquel il est redevable de deux de ses chefs-d'œuvre : il a pris le sujet et les personnages de son CAosroès dans celui du jésuite ?; pour son Saint-Genét, la pièce la plus romantique qu'on puisse imaginer, il a puisé largement dans l’Adrien, abrégeant les trop longues tirades, mais prenant les principales seènes, les personnages avec leurs noms, les plus beaux vers et les plus beaux traits qu’il se contenta de traduire ÿ,

Le P. Claude de Lidél, régent de éorique à Rouen et à Paris, publia un poème sur la Prise de La Rochelle, et une tragédie, Arsace, qui fut jouée sur le théâtre du collège de Clermont au mois d'août 1630. À Rouen, il avait compté au nombre de ses élèves Pierre Corneille #. Lorsque plus tard il lui offrit son beau traité sur la théologie mystique des saints 5, le grand poète remercia son ancien maitre en lui adressant, comme témoignage de reconnaissante affection, six stances de dix vers. Retenons seulement la dernière qui résume toute la pièce :

Je fus ton disciple, et peut-être

Que l’'heureux éclat de mes vers

Éblouit assez l'univers

Pour faire peu de honte au maitre;

Par une plus sainte lecon

Tu m'apprends de quelle façon

Au vice on doit faire la guerre.

Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre, Puissé-je te devoir un jour celle des cieux .

Plus connu que de Lidel, Pierre Le Moyne naissait alors à la . célébrité. Abandonnant la composition latine que l’on cultivait avec soin dans les collèges de la Compagnie, il s’adonna de bonne

1. Sommervogel, t. IT, col. 948. - 2 Chardon, Vie de Rotrou, p. 174, 175.

. E. Deschanel, Le romantisme des classiques, p. 269. Ù

à. Probablement en 1620-1621; Corneille avait alors dix- neufans. Parmi les prix remportés par le futur auteur dramatique on remarque celui que lui valut une traduction en vers d’un morceau de la Pharsale. Cf. Œuvres de Corneille, édit. Régnier, t. I, p. xx. — Aubé, Le Lycée de Rouen, p.164, 167.

5. La Théologie des saints, où sont représentez les Mistères et les Merveilles de la Grâce. Cf. Sommervogel, t: IV, col. 1807, 1808.

6: En tête de la: Théologie des saints, a été réimprimé par Le Mercure, décembre 1727, p. 2894. Cf. Œuvres de Corneille (Edit. Régnier, t. X, r. 220).

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heure à la poésie francaise. Il‘avait commencé, en 1626, ses études de théologie: à Pont-à-Mousson, quand il fut obligé, pour-unmotif accidéntel; de-les interrompre. C’est à Reims, où il avait été envoyé, qu'il publiaen 1629 Les Triomphes de Louis le Juste, recueil dé pièces diverses, chansons; stances, épigrammes, sonnets, odes,

‘élégies, églogues. Une-des odes Sur la conservation de lisle-de

Rhé avait déjà para en 1627 !. Le recueil complet, qui portait l’imprimatur: du P. Fourier, provincial de-Champagne, attira: l’attention du P. Vitelleschi. Craignant que l’inclination du P. Le Moyne pour-la poésie ne le détournât de travaux plus sérieux, il fit recommander au Recteur de Pont-à-Mousson de veiller à ce quelle: jeune religieux ne se-livrât pas à la versification au détriment dé ses-études:?.

Signalons encore parmi les écrivains dela même époque, les PP. Jean Leurechon, Bulenger-et Viger.

Le P: Jean Leurechon; dont nous-avons raconté la vocation si éprouvée, est: l'auteur: des Récréations mathématiques: Cet ouvrage qui obtint une certaine vogue et eut plusieurs éditions, est un recueil « de problèmes plaisans et facétieux d’arithmétique, géométrie, astrologie, optique, perspective, mécanique, chymie, et autres rares et curieux secrets * ».

Le P. Jules-César Balenger, le polémiste qui releva avec tant de succès Les erreurs de Duplessis-Mornay touchant l'Eucharistiei,

ublia en 1627 divers travaux sur les antiquités romaines, com- ?

mencés lorsqu il était professeur à l'Université de Pise.

Le P. François Viger, helléniste distingué, traduisit en latin la Préparation évangélique d'Eusèbe, et composa-un traité des Principaux idiotismes de lalanque grecque ÿ.

On voit par cette esquisse rapide que, depuis les humbles études dephilologie jusqu'aux plus hautes spéculations delaseience, les: Jésuites ne restaient étrangers. à aucun développement de l'esprit humain. |

. Sommervogel, t. V, col. 1326, 1357.

. Lettre du P. Général au P. Fourier, 12 nov. 1629. (Campan., Epist. Gen, t. I).

: Sommervogel, t. IV, col. 1756-1757:

. Voir t. IE, p: 588.

: Cé-n'est: pas comme jésuite que Bulenger: fut professeur à Pise : après:avoir

passé douze-ans dans la Compagnie; il l'avait quittée.sur:sa demande. Il y rentra en

1620, favorablement accueilli par le P. Général. Savant homme, quoique. d'idées un

peu bizarres, il racheta si bien son inconstance par l'exemple d'une vie parfaitement

régulière que les supérieurs l’admirent à la profession ; il mourut à Cahors en:1628

(Abram; op. cüt., p. 162-165). :

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