Bougeant, Histoire du traité de Westphalie, t. I, p
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drid. Dans l'entretien que le P. de Séguiran eut avec le roi sur ce sujet, Louis XII finit par lui dire « qu'à Rome ils étaient tous Espagnols ». — « Eh bien! répliquait le cardinal Ludovisio, qu’on dise si l’on veut que le Pape est Espagnol, mais qu'on avoue aussi que, comme chef de l’Église, il ne peut faire autrement!. »
Lorsque le chancelier, Brülart de Sillery, prit, en 1623, la direction des affaires, le nonce écrivit à Rome que les intérêts religieux dans le pays en litige étaient de plus en plus compromis. « Le chancelier, disait-il, affectionné aux vieilles
maximes de Henri IV, se propose, tout en conservant la paix
en France, de tenir toujours occupé le roi Catholique, afin qu'il ne puisse songer à de nouvelles entreprises ni tenter de nouvelles acquisitions. Les motifs de conscience ont moins de force sur lui que la raison d'État. » Et il se plaignait du P. de Séguiran et du cardinal de La Rochefoucauld, auxquels il ne trouvait pas la souplesse et le dévouement désirables*. Faut-il s’en étonner quand Philippe IV, infidèle à sa parole, non seulement continuait de garder la Valteline, mais encore envahissait, de concert avec l'Empereur Ferdinand, une partie du pay$ des Grisons? :
La France, Venise et la Savoie, intéressées à arrêter les progrès des deux branches de la maison d’Autriche, signèrent le 7 février 1623 un traité d'alliance offensive et défensive pour obtenir et, au besoin, imposer l'exécution du traité de Madrid. Afin de détourner l'orage prêt à fondre sur elle, l'Espagne offrit de remettre la Valteline entre les mains du Pape, jusqu’à l'entier accommodement du différend. Le nonce, d'accord avec le P. de Séguiran et l'archevêque de Tours, Bertrand d’Eschaux, favorisa cette solution®. Louis XIII y consentit, à condition que les forts seraient rasés et l'affaire réglée dans trois mois‘. La mort de Grégoire XV, survenue le 8 juillet 1623, occasionna des retards, et rien n’était encore décidé quand le cardinal de Richelieu
‘entra au ministère.
Les Valtelins, persuadés que leur sort dépendait surtout de
la France, avaient résolu d'envoyer une ambassade à Louis XIII;
1. Ludovisio à Corsini, 18 juillet 1622 (Archiv. Vat., Bibl. Pia, n. 140,.f.-74-77).
>. Corsini à Ludovisio, 26 mai 1623 (Ibidem, n. 142, f. 223-225).
3. Lettre du nonce à Barberini, 29 mars 1624 (Archiv. Vat., Bibl. Pia, n. 14, f. 86, 87). À