Le Mercure françois, t. IX, ann. 1622, p
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mais craignant que la négociation ne trainât en a longueur, ils eurent recours au P. Général de la Compagnie pour obtenir plus facilement une audience du roi. Le 9 avril 1624, le P. Vitelleschi écrivit, à leur prière, la lettre suivante au P. Suffren, confesseur de la reine mère : « Les catholiques de la Veltoline envoient des ambassadeurs au Roi Très Chrétien; ils comptent beaucoup sur votre bienveillance et votre bat pour mener à bien leur entreprise. Il s'agit d’une chose qui intéresse la sécurité et le progrès de la religion et la plus grande gloire de Dieu, si elle réussit comme on le désire. Je ne doute pas que le Roï Très Chrétien, à raison de sa haute piété, ne veuille favoriser la foi catholique; mais il peut arriver que son bon vouloir soit entravé par des conseils opposés. Si done Votre Révérence peut obtenir de la reine mère, qui prend part aux délibérations importantes, qu'on ait surtout égard à l'honneur de Dieu et au bien de la religion, sa démarche sera certainement conforme à l'esprit de notre Institut et très agréable à Dieu... Je m'abstiens de toute autre recommandation, laissant tout à votre prudence et à votre charité!. »
Les sentiments de Vitelleschi étaient partagés en France par les bons catholiques. Leurs chefs firent une forte opposition à Richelieu qui dès son entrée au ministère avait pris parti pour les Grisons. À entendre Michel de Marillac, « les principaux du conseil seroient diffamés comme peu soucieux de la religion, si on s’affermissoit à vouloir conserver aux Grisons la souveraineté sur la Valteline; cela n’étoit pas juste; Dieu y étoit offensé; et il étoit à craindre que ce ne fût l’heure, que plusieurs âmes très saintes prévoyoient, de la punition de cet État, si on négligeoit les moyens que Dieu présentoit de ruiner l’hérésie?. »
Urbain VIII, comme Grégoire XV, avait surtout à cœur le salut des âmes. Les instructions données à Corsini furent donc renouvelées à ME Spada, son successeur. Puis le Pape dressa un projet de transaction d’après lequel les Espagnols auraient droit de passage par le territoire contesté quand ils en feraient la demandeÿ. Le commandeur de Sillery, ambassadeur à Rome, y donna son approbation. Mais, pour Richelieu, les ménagements dus au Souverain Pontife ne balancèrent pas longtemps les inté- rêts du pays. IL n’hésita pas à désavouer la conduite de notre
1. Lettre du P. Vitelleschi au P. Suffren, 9 avril 1624 (Francia, Epist. Gen. t. IV). 2. Mémoires de Richelieu, t, I, p. 362.