‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 193 sur 308 · AU SERVICE DES PESTIFÉRES · texte numérisé non relu

AU SERVICE DES PESTIFÉRES

‘Au mois de Juillet ce fut :le ‘tour de la ‘ville d'Avignon. Un Pere’et un Frère coadjuteur, envoyés au secours des pestiférés, trouvèérentauprès d'eux une mort glorieuse. Deux autres Pères et deux Frères les remplacèrent; au bout de quelques ‘mois ‘ces derniers succombaïent, mais les deux prêtres purent remplir leur héroïque mission'jusqu’à la fin de l'épidémie. En moins d'une année la ville avait perdu six mille habitants. Tant que dura la contagion, les Pères se‘tinrent à la disposition des pénitents dans l'église du ‘collège restée ouverte. Le :P. Antoine Fournier y prit le germe du mal, et fut la cinquième victime. ‘Un:autre Père du collège ‘organisa les secours contre le fléau, à Uzès, où tous:les ministres avaient abandonné leur poste. Sa mort édifiante contribua grandement à la conversion des hérétiques de la ville!. ;

A Aix en Provence, la peste s'était déclarée le 31 juillet. Là encore les Jésuites se dévouèrent :sans merci. Fauris de Saint-Vincent les cite en tête des religieux « qui en cette

occasion se distinguèrent le plus? ». Trois Frères coadjuteurs,

un novice scolastique ‘ét deux ‘Pères moururent à leur :poste de combat. Parmi ces ‘derniers nous devons mentionner Elzéar d'Oraison, fils ‘aîné du comte de Boulbon. Sa famille lPavait pressé de se-réfugier près d'elle et de se:soustraire ainsi au fléau ; mais l’intrépide apôtre, «sourd à ‘la voix de ses proches, se jeta ‘au plus fort du danger, dans les huttes ‘de Saint- Eutrope, où gisaient les pauvres:de'la campagne décimés par la peste et la famine. Il tomba-au éhamp d'honneur. Quelques ‘jours plus tard succombait à son tour le recteur du

collège, ile :P. Jacques Isnard, ‘dont saint François de Sales

. . «1 aie È disait : « Il est non seulement docte religieux, mais ‘encore

tout ‘spirituel et tout de Dieut. » Il fut très regretté de la ‘ville et-de la province où il jouissait d'une grande réputation ‘de sainteté5. Le P.‘Jean Loyre, atteint de la contagion dans les

infirmeries organisées au couvent des Minimes, resta plusieurs semaines ‘entre la vie ét la mort. A peine guéri, il -vola :de nouveauavec un ‘grand courage au secours des pestiférés : de

‘Marseille. Là encore Dieu le préserva, et il revint à Aix «vic-

1. Chossat, Les Jésuiles el leurs œuvres à Avignon, p. 233-234.

2. Guillibert, Le collège royal Bourbon d'Aix, p. 45. 3: Cordara, L.'XIV,-n. 119. —1Alegambe, p. 280. —Ménologe, t. IL, p. 479.

4. Vies des premières religieuses de la Visitation; t. 1, p. 332. Cordara, 1. XIV, n. 118. — Alegambe, p. 280. — Ménologe, t. IT, p.554. — Méchin, Annales du collège royal Bourbon d'Aix, t-1, p. 59:60.

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