‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 200 sur 308 · Voyages de Champlain, t.T, p · texte numérisé non relu

Voyages de Champlain, t.T, p

3. De Charlevoix, Histoire el description générale de la Nouvelle France, t. T,

4. Voyages de Champlain, t. I, p. 150-164, Faillon, Histoire de la colonie fran-

caise au Canada, À. T,'p. 119.

à la capitale du Canada. Le site était admirablement choisi : placé à cent trente lieues de l'embouchure du grand fleuve, Québec en commande toute la vallée et possède un havre magnifique.

Champlain ne montra pas moins la sûreté de’son coup d'œil, quand il installa un autre poste dans cette position avantageuse où s’éleva plus tard la ville de Montréal. Nous ne pouvons Le suïvre dans ses nombreuses excursions, ni dans ses campagnes contre les Iroquois, ni dans ses voyages en France où il était contraint de revenir pour traiter Les intérèts de la colonie. Ce fut en retournant au Canada, en 1611, qu'il rencontra, vers la fin d'avril, le navire qui portait à Port-Royal les Pères Biard et Massé. « Nous avons voyagé quelque temps de conserve avec Champlain, écrivait Biard au P. Général. C’est un marin d’une intrépidité à toute épreuve et d’une grande expérience, qui navigue depuis sept ans dans ces mers. Nous ne pouvions le voir sans effroi lutter avec une énergie extraordinaire et une rare habileté contre les glaçons d’une grosseur prodigieuse, et poursuivre courageusement sa route vers le Saint-Laurent au milieu des plus grands dangers ?. »

2. Malgré son dévouement sans bornes à l'œuvre de la colonisation, celle-ci resta longtemps stationnaire. De Monts s’en désintéressait. Or, ce qu'il fallait surtout à la colonie, c'était un puissant protecteur. Aussi Champlain, revenu en France dans l’automne de 1611, s’adressa-t-il au comte de Soissons, en lui faisant valoir les intérêts de la patrie et ceux de la vraie foi. Sincèrement chrétien, Charles de Bourbon accepta le rôle qu'on lui offrait. Le 8 octobre 1612, la reine régente le nommait lieutenant général et gouverneur de la Nouvelle France ; Champlain recevait huit jours plus tard le titre de lieutenant particulier. Sa commission de commandant lui enjoignait non seulement de conserver le Canada « sous l’obéissance de Sa Majesté », mais encore « de provoquer et d'émouvoir les sauvages à la connaissance et.au service de Dieu, à la lumière de la foi et de la religion, catholique, apostolique et romaine ? ».

Le comte de Soissons mourut quelques semaines après sa nomination, sans avoir eu le temps de donner des marques de son bon

1. Voyages de Champlain, t. I, p. 150-164. Faillon, op. cil., t. HF, p. 119.

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