Ferland, I
bas en bon Français et en fils dévoué de l’Église. « J’auraï bien agréables, lui disait-il, le sservices que vous me rendrez en cette occasion, surtout si vous maintenez le pays en mon obéissance, faisant vivre les peuples qui y sont le plus conformément aux loix de mon royaume que vous pourrez, ét y ayant le soin qui
est requis de la religion catholique, afin que vous attiriez par ce
moyen la bénédiction divine sur vous, qui fera réussir vos entreprises et actions à la gloire de Dieu, que je prie vous avoir en sa sainte et digne gardef. »
Champlain n’avait rien de plus à cœur que l'établissement du catholicisme dansla colonie, mais c'était là le moindre souci de la société commerciale fondée en 1612. Une partie de ses membres étaient calvinistes; ils sacrifiaient au trafic des pelleteries l’honneur national et la propagande religieuse. Les Récollets, subissant les effets de leur mauvais dons se voyaient refuser toutes les mesures qui avaient pour but la conversion des sauvages. « Si vous vouliez rendre les Montagnais sédentaires, disait aux missionnaires un des commis de la société, nous les chasserions à coups de bâtons?. » IL fut même défendu aux interprètes de donner aux religieux des leçons de langue indigène?. Et si le lieutenant général se permettait quelques observations, nos marchands n’en tenaient aucun compte, car, en dehors de son commandement, il n’était qu'un simple associé, au même titre que tous les autres. |
Un tel état de choses ne pouvait durer; il compromettait non seulement l’œuvre de la conversion des sauvages mais encore le développement et la sécurité même de la colonie. Des plaintes nombreuses ayant été adressées à la cour, Montmorency résolut d’opposer aux marchands associés une nouvelle société commerciale; mais il fut assez mal inspiré sur le choix des directeurs : il prit deux calvinistes, Guillaume et Emery de Caen, l’oncle et le neveu, qui, pour obtenir plus aisément le monopole des pelleteries, avaient manifesté Le dessein d’embrasser la religion catho-
lique. Après quelques démèêlés, les deux sociétés se réunirent en
une seule sous le nom de Compagnie de Montmorency. Elle était ouverte à tous les sujets du royaume, et la fraite des pelleteries lui fut assurée pour vingt-deux ansi.