‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 208 sur 308 · Voyages de Champlain, t. IE, p · texte numérisé non relu

Voyages de Champlain, t. IE, p

4. Lettre du Général au P. Ch. Lalemant, {5 déc. 1626 (Francia, Epist. Gen., IV). -

accompagné de deux nouveaux missionnaires Jésuites, les PP. Anne de Nouë et Philibert Noyrot, d'un Frère coadjuteur, Jean Goffestre, et de vingt ouvriers engagés à leur service pour travailler aux constructions. Une commission nouvelle accordée à Champlain l’autorisait « à bâtir des forts; à instituer des officiers pour la distribution de la justice, pour le maintien de la police et des ordonnances; à faire la guerre et la paix avec les peuples sauvages ; à découvrir un chemin pour aller par l’occident au royaume de la Chine et aux Indes orientales; en un mot à exercer sur les

lieux tous les pouvoirs du vice-roi pour le bien et le service de

Sa Majesté très chrétienne ! ».

C'était en somme l'autorité souveraine, mais toute nominale: car, comment etsur qui l'exercer? À ce moment la colonie ne peut se suflire à elle-même; elle n'est ni organisée, ni peuplée, ni cultivée. Elle est presque Si un entrepôt de commerce, un marché de fourrures, en sorte que la direction réelle appartient aux marchands qui ont établi des comptoirs aux Trois-Rivières, aux rapides de Saint-Louis et surtout à Tadoussac. Québec mérite à peine Le nom de bourg; moitié mission, moitié factorerie, ses habitants sédentaires n’excèdent pas cinquante à soixante, tant religieux que trafiquants. Deux ou trois malheureuses familles ont appris à subvenir à leurs besoins avec les produits du sol ; les autres ürent leur subsistance de la France. Tout dépérit sous le monopole des de Caen *. Un changement complet dans l’organisation de la Compagnie de Montmorency pouvait seul remédier à une ruine prochaine et inévitable de la mission comme de la colonie. Aussi Champlain, d'accord avec le P. Lalemant, prit-il une résolution suprême. Pendant que le P. de Nouë accompagnera l’infatigable P. de Brébeuf au pays des Hurons, le P. Noyrot repartira pour Paris, avec ordre d’exposer au vice-roi le véritable état des choses. « Le secours qui nous est venu de France, écrivait le P. Lalemant à son frère, estun bon commencement pour cette mission ; mais les affaires ne sont pas encore en tel estat que Dieu puisse y estre Sr VY fidellement. L' hérétique y à autant encore d’empire que jamais; c’est pourquoy je renvoye le P. Noirot, selon la permission que les Supérieurs m’en ont faicte, afin qu'il parachève ce qu’il a commencé : il estle mieux entendu en ceste affaire. J'envoye son compagnon avec le P. Brébeuf à cent lieues d’icy à une de ces nations qui sont stables en leur demeure... J’eusse

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