‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 209 sur 308 · Ferland, I · texte numérisé non relu

Ferland, I

2. Parkman, Les pionniers français dans l'Amérique du Nord, p. 270.

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bien désiré estre de la partie, mais nos Pères ne l'ont pas trouvé à propos, jugeans qu'il estoit nécessaire que je demeurasse icy tant pour l'establissement de notre petit domicile que pour l'entretien des François f{. »

Le P. Noyrot, débarqué en France, se rendit à Rouen avec un jeune sauvage auquel l'archevêque fut heureux de conférer le saint baptême; ensuite, il alla directement à Paris, où il multiplia ses démarches : courses, visites, lettres, mémoires, il ne négligea rien pour gagner aux intérêts de la Nouvelle France les personnages les plus influents de la capitale ?. Au vice-roi, à Louis XII et à leurs conseillers, il exposa les maux dont souffrait

la colonie; il montra l’unique remède dans la dissolution d’une

société commerciale où dominaïent les calvinistes, et dans son

remplacement par une société de catholiques assez désintéressés pour faire passer avant tout l'honneur de la mère patrie et la propagation de la foi catholique *.

L'incroyable activité qu'il déployaït donna quelques soupçons aux associés de la Compagnie de Montmorency. Ayant deviné ses projets, ils employèrent tous les moyens pour les faire échouer; même, par esprit de vengeance, ils se livrèrent à des actes capables de ruiner la mission : pendant que leurs affidés, en France, empêchaient le départ des secours destinés aux religieux et des munitions réclamés par Champlain, leurs commis, résidant à Québec, réduisaient presque à la famine les missionnaires et les catholiques pour les contraindre à se désister eux-mêmes de leur entreprise. Mais ces menées odieuses ne pouvaient qu'ouvrir les yeux aux moins clairvoyants. Le P. Noyrot résolut d’en finir et pour cela des adresser au puissant du jour, au cardinal de Richelieu.

6. Le vaillant missionnaire, très bon administrateur, homme actif et entreprenant, n'avait point toutefois la parole facile; appréhendant de se troubler en présence du grand ministre, il se fit accompagner par le P. Ragueneau. Maïs au seul accueil de Richelieu, toute timidité disparut; Noyrot sut s'exprimer sans embarras, exposer avec chaleur, éloquence même, l'objet de sa visite, et le cardinal lui prêta la plus grande attention #.

1. Lettre du P.Lalemant, 1°* août 1626. (Le Mercure francois, t. XIII, ann. 1626, p. 12).

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