Tome HIT, p
:. Lettre du P. Général à M. de Césy, 9 février 1624 (Bibl. nat. fr. 16.158, f. 412).
C'est ainsi qu’en 1627 un enfant et ancien missionnaire de Chio, le P. Dominique Maurice, appartenant depuis plusieurs années à la mission de Constantinople, fut envoyé avec un de ses compairiotes, le P, Jean Marquese, dans l’île de Chypre. Tous deux reçurent à Nicosie un excellent accueil d’un noble habitant de cette ville, nommé Matheo Cigala. Mais bientôt, sur la dénonciation d’un consul vénitien, ils furent arrêtés le 27 Juin, comme «espions du roy d’Espagne », et jetés en prison. Heureusement le moussalem, ou lieutenant du pacha, qui commandait alors à Nicosie, était ami de la France. Au lieu de tourmenter les Pères, il dépècha un exprès à M. Bordier, notre consul à Alep, pour l’intéresser à leur sort. « Ayant l’ordre | du vizir |, lui mandait-il, Je ne sceu faire autrement que de les mettre en prison; bien vray que Ca à esté à mon grand regret, Je vous envoie ce mien homme exprès, qui est de nation francoise, lequel: Je vous recommande, pour faire de vous mieux représenter l'affaire comme c'est passé, et aller parler au visir, luy diré s'il est vray qu'il m'aye escript les lettres que Jay receu de luy pour punir lesdits Jésuites. Je n’ay [rien] voulu fère que je voye un commandement exprès du visir, car je doute que celuy que [il] m'a envoyé ne soit de la part des Vénitiens, depuis que [ils] veulent mal de mort à cette religion [l'ordre des Jésuites} et conspirent la ruine de vostre nation. »
En même temps le P. Dominique Maurice écrivit de sa prison aux PP. Gaspar Maniglier et Jean Stella, missionnaires de la Compagnie de Jésus à Alep, les priant d'intervenir auprès du con- Sul afin qu'il remontrât au grand vizir la fausseté des accusations portées contre deux pauvres prêtres qui ne s'étaient Jamais occupés que du salut des âmes 2. M. Bordier, très touché de ces plaintes, sut réclamer avec force en faveur de l’innocence, tandis que M. de Césy agissait puissamment de son côté auprès des ministres de la Sublime Porte 5. Le 27 juillet, le pacha de Chypre reçut le commandement de relâcher les deux Pères retenus prisonniers à Nicosie#.
Le P. Général, mis au courant de cette désagréable aventure, se demandait que faire pour en éviter de pareilles à l'avenir. Il
tère des Aff. Etrang., Constantinople, Correspondance, t. II, f, 463 2. Lettre du P. Maurice aux Peres Maniglier et Stella, 5 juillet 16:7 (Miss. {. l;n:133):