Bibl. nat., fr. 16.158, f
4. Lettre de Oalil pacha au pacha de Chypre, 27 juil'et 1627 (Bibl. nat., fr. 16.158, f. 416).
1. Lettre du moussalem de Nicosie à M. Bordier, 5 juillet 1627: (Archiv. du Minisje
Const:,
pria le P. Suffren, confesseur de Louis XIII, de suggérer au roi d'agir auprès de la Seigneurie et d'obtenir que les représentants dé celle-ci laissassent en paix des missionnaires appliqués au seul service de Dieu !. Ce n'était pas la première fois que notre gouvernement faisait appel à l'équité ; mais il ne pouvait point trouver d’écho dans le cœur d'hommes avides qui sacrifiaient tout aux intérêts matériels. « Afin que vous soyez informé, écrivait notre ambassadeur à M. d’Herbault, pourquoy les Vénitiens favorisent Cirille et les hérésies qu'on veut establir de decça, je vous diray, Monsieur, qu'ils [ne] craignent rien plus en Levant que de voyr l'Église romayne et l'autorité du pape Y prendre quelque pied, croyant que si cet-empire venoit en quelque décadence, les gatholiques auroient plus tost recours au roy ou à celuy d’Espagne qu’à la république de Venise. C'est pourquoy les Vénitiens désirent que les Grecs demeurent plus tost en leurs schismes et les voyr infectés d’hérésies, que non pas de recognoistre Îles erreurs qui les rendent du tout alliénés de l'Église romayne”®. »
5. La résidence de Constantinople, bien que sous la protection immédiate de l'ambassadeur francais, ne fut pas à l'abri des persécutions. |
Le mercredi 22 décembre 1627, M. de Césy fait venir les Pères à son palais et leur apprend que le caïmacan, à la sollicitation du patriarche, des ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande et du baile de Venise se prépare à les faire arrêter Le lundi suivant. Pour empêcher cette violence, il les engage à rester quelques jours auprès de lui, pendant qu'il avisera au moyen de les préserver de tonte avanie’. Et quel est donc leur crime, ou plutôt quelles nouvelles calomnies a-t-on pu inventer contre eux? Entre
4. Lestré du P. Général au P. Suffren, 1% décembre 1627 (Francia, Epist. Gen., t. IV).
2. Lettre de Césy à Paélypeaux d'Herbault, secrétaire d'Etat, 23 août 1627. (Bibl. nat., fr. 16150, f. 698). — Une avanie semblable à celle des Pères de Chio arriva à quatre missionnaires (trois PP. Portugais et le P. Aymar Guérin, de la province de Lyon) que le P. Général envoyait en Ethiopie: M. de Césy avait obtenu en leur faveur un sauf-conduit pour les faire parvenir à destination, « sous le nom de marchands francois, par voye d'Alexandrie et du Cayre». Ils furent dans cette dernière ville à la tin de fevrier 1628, et aussitôt le consul français les dirigea sur Souakim avec un interprète et des lettres de recommandation. Mais un Grec au service des Turcs persuada au pacha du Caire que c'étaient des Espagnols déguisés et qu’il fallait tes arrêter. Ainsi fut fait, et notre consul dut payer pour leur rançon cinq mille piastres qu'il emprunta à gros intérêts. (Lettre de Césy au P. Général, 28 février 1622. Mss. Const., VIII, n. 38). — Lettre de M. Farnoux, consul, au même (Miss. Const., t. I, n. 145). Sur le P. Guérin, voir C. Beccari, Rerum Æthiopicarum scriplores occidentales inedili, 5. XII, p. 224, 229 ; 301,228, 345, el L. XV index général.
3. Lettre du P. Guillier au P. Général 30 décembre 1627 (Miss. Const., t. VIT, n. 43).
autres accusations « il y a que, sy le Grand Seigneur ne les chasse, ils sont capables de soulever en un jour tous les chrestiens ». On ne doit pas craindre de les arrêter, quoique Français, disaient leurs ennemis, « veu que maintenant, les Francois et les Espagnols s’estant liés contre les Anglois, le pape travailloit à fayre que ces deux puissances attaquassent l’Ottoman! ».
Une fois encore M. de Césy déjoua le complot tramé contre les Jésuites; avant la fin de décembre, presque tous les Pères rentrèrent dans leur maison de Saint-Benoit que des amis dévoués avaient gardée pendant leur absence?. L'ambassadeur ne manqua pas de s’en féliciter auprès du roi. « Car, lui écrit-il, sy le caymacan eust suivy les passions et les mensonges de ceulx qui les persécutent, ils eussent esté jettés dans la mer, afin que Vostre Majesté fust réduitte où à comporter cette action, ou à s’en ressentir en quelque manière d’altérer l’amitié qu’elle a avec l'Ottoman, laquelle leur est insupportables. »
Fatigué de rester sur la défensive en parant les coups des adversaires, M. de Césy résolut de prendre vigoureusement l’offensive en dénoncant certains de leurs actes « comme une nouveauté très dangereuse » pour l'empire“.
Cyrille avait fait venir d'Angleterre, au mois d’août 1627, toute une imprimerie, à la tête de laquelle il avait placé un calover grec, étudiant d'Oxford, lequel se promettait « d’estre un second Faucius et d'achever de perdre la pauvre église grecque, et la rendre encore plus irréconciliable que jamais avec la romayne, … ce quy sera facile — ajoute l'ambassadeur — sy on laisse fayre ces bons seigneurs et ce saint personnage de Cirille, lequel de jour à aultre se fait cognoïstre pour un méchant et pernicieux hérétique, voire athéyste, avec quy on ne peut plus venir à aulcun party ny accommodement® ».
Au moment où l’on s’y attendait le moins, trente Turcs, conduits par un officier de police, font irruption dans la maison du caloyer et saisissent tous les caractères d'imprimerie qu'ils emportent chez le caïmacan. Une foule furieuse brise les presses et saccage tout ce qui lui tombe sous la mainf. Dès que l’ambassa-
1. Césy au roi, 29 décembre 1627 (Bibl. nat.; fr. 16.150, f. 738).
2. Lettre du baiïle au sénat de Venise, 8 janvier 1628 (Venezia, Arch. di Stato, Dispacci di Constant, n. 105, f. 556v, 556).
3. Césy au roi, 18 janvier 1628 (Bibl. nat., fr. 16.153, f. 1).