‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 226 sur 308 · Canot en usage dans les mers du Levant · texte numérisé non relu

Canot en usage dans les mers du Levant

3. Lettre de F. A. de Thou à Dupuy, datée du Péra, 28 mai 1628 (Bibl. nat., f. Dupuy, t. 703, f. 126 v.). Lettre du baile au sénat de Venise, 14 mars 1628 (Venezia, ArChiv. di Stato, Dispacci. di Const., n, 106, f. 72-78).

Surveillés pendant la traversée par de grossiers musulmans, qui leur rappelaient les léopards du saint évêque d’Antioche, ils furent nourris au pain et à l'eau comme des esclaves destinés aux galères. Leurs premiers gardiens les ayant dépouillés à peu près de tout, ils se vireat exposés jour et nuit, à demi nus et sans couvertures, à toutes les injures de l'air, à la pluie, aux tempêtes. Dans les moments les plus durs, ils n’avaient d'autre ressource, raconte le P. Régnier, que de s’animer entre eux par le souvenir des quarante martyrs d'Arménie sur leur étang glacé!. Enfin, après un mois de ces souffrances ils arrivèrent le 9 avril à Chio où ils furent enfermés dans le château.

7. Leur départ avait été si imprévu et si rapide que l'ambassadeur français ne put rien faire pour s’y opposer. Il ne renonça pas cependant à poursuivre leur mise en liberté, ainsi qu'il l’écrivait au roi, le 19 mars 1628 : « Sire, lui disait-il, je suys résollu de chercher tous les tempéramens honorables quy me seront possibles, pour obtenir que le caymacan face revenir ou les Pères qui sont partis d'icy, ou pareil nombre de ceulx de leur Compagnie quy sont à Smirne. Mays je ne scay si j ose espérer le retour de ceux qui sont partis, considérant le livre qu’on a produit contre eux, dans lequel il est parlé de Mahomet en des termes capables de fayre bien du mal à ceulx qui s'en trouvent saysis; et bien que ces Pères soutiennent qu'il a esté supposé par leurs ennemis, il y a toujours de quoy fonder une avanie sur ce subject. J'ay tousjours deux Pères de leur Compagnie ausquels on n’a dit mot, et que j'essayeray de remettre en leur maison en traitant le retour des autres ÿ. »

M. de Césy poursuivit avec une patiente ardeur ce double but, mais ce n’est qu'à force d’instances et de démarches qu'il devait triomphér de tous les obstacles. « A l'heure où je vous escris, mandait-1l à M. d'Herbault le 19 mars 1628, voylla l'ambassadeur d'Angleterre quy, de concert avec le Baylle de Venise, s’en va demander au Caymacan l'esglise des Pères Jésuytes pour y faire la presche, résollus de ne rien espargner pour l'obtenir, car il est vray que si les Jésuystes avoient perdu leur esglise, difficilement les pourroit-on tenir 1cy, et seroit les chasser de tout, veu

Page 1