Narratione... » déjà citée
2. « Advis de Constantinople » Archiv. prov. de France. Pièces mss. sur les Jésuites. f. 379, 380.
3. Césy au roi, 19 mars 1628 (Bibl. nat., fr. 16.153, f. 26).
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qu'on ne peult bastir en Turquie aulcune esglise et que toutes celles de Galata sont occupées !. » Grâce aux bons offices de l'ambassadeur de France, non seulement l’église de Saint-Benoit fut conservée aux Jésuites, mais on leur rendit même toute leur bibliothèque ?. Bientôt M. de Césy put entrevoir comme prochain le moment où les Pères rentreraient dans leur maison. « Déjà la: chose serait faitte, écrivait-il le 29 mai, sy le Baylle de Venise n'eustemployé une nouvelle despance pour empescher le coup ?. » Ne pouvant lutter avec avantage sur ce terrain, notre ambassadeur recourut à l'autorité personnelle de Louis XIII que les Tures avaient en haute considération. « IL est besoing que Sa Majesté en escrive au Grand Seigneur et à ses principaulx ministres, manda-t-1il au P. Suffren. J’ay desiré en avertir vostre Révérence, affin qu'elle puysse employer ses offices pour faire que les dites lettres soient telles que l’affection que Sa Majesté porte à vostre Compagnye les doit fayre espérer; et croyez qu'en tout ce qui despendra de mes soins et de mes diligences, j'apporteray toute la challeur que scauriez attendre d’un de vos propres Pères #. » Le soin et la diligence apportés par M. de Césy en cette oscasion ne laissèrent rien à désirer. Les autorités turques permirent d'abord aux PP. d'Aultry et Martin, qui habitaient toujours au palais de l'ambassade, d'aller « en leur esglise de Saint-Benoist pour tenir les ornemens et toutes choses en bon ordre ? » ; puis, avant même l’arrivée des lettres de Louis XIII, Le 14 juillet 1628, un firman impérial les rétablit dans leur résidence 5, et le lendemain ils en reprirent possession. M. Francçois-Auguste de Thou, conseiller au Parlement, de passage à Constantinople pour se rendre en Terre Saiïnte, se fit un honneur de les « mener en Galata ». Avec lui le sieur Lempereur, consul de France à Jérusalem, et une partie de la famille de M. de Césy « allèrent entendre la messe et disnér à Saint-Benoît, où tous les Francois se trouvèrent et plusieurs Pérots affectionnés aux Jésuytes ? ». Grande fut la Joie de celui qui pouvait s’attribuer le succès de cet heureux événement. En l’apprenant au roi, il ajoutait : « De dire à Vostre 1e Césy à d'Herbault, 19 mars 1628 ‘1bid., f. 18). Cf. Lettre du Baïle au sénat de Venise, 4° avril 1628 (Venezia, Archiv. di. Stato, Dispacci di Const., n. 106, f. 107-110). . Lettre du P. d’Aultry au P. Général, 13:mai 1628 (Miss. Const., VIII, n. 50). . Césy à d’Herbault, 29 mai 1628 (fr. 16.153, f. 52). . Césy au P. Suffren, 1* mai 1628 (Bibl. nat., fr. 16158, f. 422).
. Césy au roi, mai 1628 (fr. 16.153, f. 61).
.6. Firman impérial en faveur des Jésuites, 14 juillet 1628 (Miss. Const., VII, n.
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) 7. Césy au roi, 24 juillet 1628 (fr. 16.153, F. 64).
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Majesté combien ce restablissement est honnorable et quel désespoir en tesmoigne le Baylle de Venise, ce seroït chose difficile à représenter; mays j'estime que voylla ces bons Pères en repos pour longtemps, car les lettres que j'attends de Vostre Majesté me pourront servir à obtenir quelque escrit de la main du Grand Seigneur
-pour empescher qu’à l’advenir ils ne puyssent estre troublés f. »
Le conseiller de Thou, peu favorable aux Jésuites, approuva très fort le zèle que notre ambassadeur déploya dans toute cette affaire. « Elle importait à la réputation du nom Francois en Levant, écrit-il à son ami Dupuy; car il est certain que lesdits Pères. n'ont été persécutés que pour estre subjects du roy; et en cela vous me pouvez bien croire, car je n'ai pas grand subject de me passionner pour leurs intérêts ?. »
8. Tout en s’occupant de conserver et de faire rendre à la Compagnie de Jésus la maison et l'église de Saint-Benoît, M. de Césy n'oublia point de s’employer à la délivrance des trois religieux emprisonnés dans l'ile de Chio. Au mois d'avril, le mufti et le pacha de la mer, ses amis, le prévinrent qu’ordre avait été donné au secrétaire d'État de dresser un commandement en faveur des Jésuites, mais qu’il ne serait pas expédié avant que le caïmacan ne reçût « quelque honneste présent ». L'ambassadeur supposa qu'il s'agissait des Pères qui avaient été chassés de Constantinople « où d'en: faire venir d’autres ». Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, rendant visite au caïmacan, celui-ci lui présenta un commandement du Grand Seigneur permettant la venue de n'importe quels religieux hormis les Jésuites. « Je ne voulus pas accepter, raconte M. de Césy. — Il me répliqua que le livre, quy avoit esté trouvé chez ces Pères et produit contre eux avec tesmoings, méritoit la mort selon la loi des musulmans, mays qu’estant Françoys on leur avait sauvé la vie. — À quoy lui ayant respondu ce que je debvois contre la qualité des tesmoings et des accusateurs, il me dit qu'il me prioit de ne me pas fascher, et que c’estoit une chose impossible pour cette heure de voir revenir les Jésuystes *. »
1. Ibidem. A la date du 96 juillet 1628, de son camp devant La Rochelle, le roi, par quatre lettres pressantes au Grand Seigneur, au mufli, au pacba de la mer, et au caïmacan, léur avait recommandé lé rétablissement des Jésuites à Saint-Benoît, autrement, disait-il, ce serait faire croire à une « diminution de l’ancienne amityé ». (Bibl. de l'Institut, coll. Godefroy, vol. XV, f. 388, 389)...
2. Lettre de F. A. de Thou à Dupuy, 22 juillet 1628 (Bibl. nat., f. Dupuy, vol. 703, f. 139 v).