‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 228 sur 308 · Césy au roi, 4 avril (fr. 16.153, f. 32 v · texte numérisé non relu

Césy au roi, 4 avril (fr. 16.153, f. 32 v

Les PP. Guillier et Régnier et le F. Fressange restaient toujours enfermés dans le château de Chio, incertains du sort qui leur était réservé. En vain le P. Perrin, supérieur de la mission, fit offrir, par l'intermédiaire des principaux personnages de la ville, une forte somme afin qu'on leur accordât la faveur d’habiter dans quelque maison particulière, il ne put fléchir la rigueur des geôliers!. Au mois de mai, le cadi ou juge reçut enfin du caïmacan l'ordre de remettre les prisonniers entre les mains du consul francais chargé de les faire conduire à Smyrne; de là ils devaient prendre la mer pour rentrer dans leur pays?.

Cette délivrance, malheureusement trop tardive, prouvait assez l'innocence des religieux contre lesquels la haine des ennemis de la France avait accumulé tant de calomnies. Cependant, malgré l'argent répandu à profusion, la mission dont on avait com ploté la ruine subsistait toujours grâce à Diéu. Les Pères que M. de Césy avait hospitalisés au palais de l'ambassade, puis rétablis dans leur demeure de Galata, recommencçaient à jouir d’une sécurité relative. Aussi, dès le mois de novembre 1628, le P. Général n’hésita-t-il pas à faire désigner par le P. Provincial deux autres missionnaires pour remplacer les PP. Get Régnier à la résidence de Constantinople *.

Plusieurs fois encore le baïle de Venise, le patriarche Cyrille et l'ambassadeur de Hollande essayèreni de soulever de nouvelles tempêtes; ils ne purent réussir dans leurs mauvais desseins. L'ambassadeur d'Angleterre avait été changé et le nonveau venu ne désirait point «entrer en ligne avec eux comme avoit fait son devancier À ».

Une imprudence de l'ambassadeur d'Allemagne faillit tout compromettre. « ILeut cette vanité de vouloir prétendre de faire venir des Jésuystes subjects de l'Empereur en Galata, alléguant que c’estoit un article de paix et qu'il y en avoit en quelques places de Hongrie posseddées "par le Grand Seigneur. » Le caïma- . can répondit qu'il n'y consentirait point et que, sans le respect du roi de France, ceux qui se trouvaient à Saint-Benoît n'y resteraient pas une heure. À la suite de cette démarche, le baile de

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