‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 235 sur 308 · Des Hayes, Voiage du Levant, p · texte numérisé non relu

Des Hayes, Voiage du Levant, p

2. Lettre du P. Général à Louis XII, 14 mars 1622 (publiée par le P, Prat, op. cit. pièces justificatives, p. 360).

3. Lettre du roi à M. de Césy (Bibl. nat., fr. 16.156, fr. 559). Notons que les Jésuites de Constantinople n'habitaient pas Péra, comme le dit Louis AIT, mais Galata.

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Nul lieu, après Constantinople, ne semblait mieux convenir que Smyrne à l'établissement d'une mission de la Compagnie. Située sur la côte de l’Asie Mineure, elle n’était pas loin de l'ile de Chio où le P. de Canillac s'était retiré malade en novembre 1623. Dès le mois suivant, accompaghé du P. Jean Colaro, il était allé la visiter f.

Smyrne était toujours le plus important marché du commerce entre l'Orient et l'Occident, mais on ne reconnaissait plus en elle cette église de l’Apocalypse si célèbre par sés origines chrétiennes. Parmises soixante mille habitants, les Turcs dominaient ; on y comptait aussi de nombreux Grecs et Arméniens. Séparés pir la diversité de la langue et du culte, tous étaient unis dans uue même aversion du catholicisme et du pontife romain. Les fidèles du rite latin, privés de prêtres, avaient presque tous adhéré au schisme grec. Quant aux marchands des pays catholiques, la plupart, uniquement occupés des intérêts de leur commierce, s'abstenaient de tout devoir religieux. Des supcrbes édifices qui faisaient autrefois l’'ornement de cette antique Église, les Turcs n'avaient laissé à la disposition des Grecs que celui de

Saint-Georges. Les Arméniens se servaient comme chapelle d’une salle destinée à être un dépôt de marchandises. Les Latins se réunissaient dans une chambre étroite chez le consul de Venise ou chez le consul de France ?.

M. Samson Napollon, homme d’une er piété et très ami de la Compagnie, exercçait alors à Smyrne les fonctions de consul pour la nation française *. Il avait eu d’abord comme chapelain un Cordelier, le P. Pierre Peiron, auquel succéda Vincent Schiati, prêtre de Chio. Ce dernier ne Ai pas assez notre langue pour entendre les confessions, demanda son congé au moment de l’arrivée du P. de Canillac #. On ne pouvait espérer que les Tures permettraient aux chrétiens d'ouvrir un nouveau temple. IL fut donc décidé que Les Pères de la Compagnie rempliraient les fonctions de chapelains et habiteraient pour plus grande sécurité dans la

1. Cf. Briève relalion de l'établissement des Pères... en la ville de Smyrne (Carayon, Doc. inéd. d. XI, p. 162). — Lettre du P. Général au P. d’Aurillae, :5 juillet 1624 (Gall. miss., Epist. Gen.).

2. Fleuriau, Estat des Missions de Grèce, p. 114, 115. — Cordara, Hist. Soc. Jesu, (P. VI, L XV, n. 202, 203).

3. Cf. Léon Bourguëès, Samson Napollon, notice dans Revue de Marseille el de Provence (1886-1887). — Archives curieuses de l'Histoire de France, 2e série, t. IV, BE Narré de la résidence de la Compagnie à Smyrne » (Miss. Const., t. III, n. 1).

Lettre du baïle au sénat de Venise, 1° oct. 1624 (Venezia, Disp. di Const., n. 98, f. 115-117).

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maison du consul. M. Napollon fut heureux d'employer à leur entretien les trois piastres que, d’après un ordre du roi, chaque navire français, à son entrée dans Le port, payait au consul pour l'usage de sa chapelle !.

Sur ces entrefaites, M# de Marchi, évêque de Santorin et visiteur apostolique, abordaïit à Smyrne?. Il fut douloureusement surpris de voir que les Latins n'avaient, dans une ville si importante, ni curé ni église paroissiale. Pour obvier autant que possible à cet inconvénient, il ordonna que la chapelle du consul de France, dédiée à Saint-Polycarpe, serait désormais considérée comme paroisse, et il en confia l’administration à perpétuité au P. de Canillac et à sessuccesseurs, avec letitre et les droits de curé*.

Le Père accepta cette charge et, avec l’aide du consul, décora convenablement la chapelle dans laquelle il plaça le Saint-Sacrement. À partir de ce jour il remplit l'office d’un vrai pasteur, rassemblant les marchandset les matelots, Les visitant dans leurs maisons ou sur leurs navires, leur administrant les sacrements et ne cessant, en public ou en particulier, de leur apprendre les

devoirs du christianisme. A la vue de tant de bien opéré par le:

zélé missionnaire, M de Marchi, devenu archevêque de Smyrne, désira que le supérieur de la résidence füt aussi son vicaire général. Le Père s'excusa de recevoir ce titre d'honneur; mais le prélat en écrivit à Rome, et le P. Général fit au P. de Canillac un commandement exprès d'accepter le titre et Les fonctions #.

k. Parmi les nombreuses conversions dues aux soins du P. Supésieur, mentionnons celle du consul anglais, sur laquelle l’auteur du Narré de la résidence nous fournit quelques détails. «Le sieur consul des Anglois, surmontant toutes les difficultés qui luy furent faictes tant de son ambassadeur que de ses marchands, se

déclara publiquement catholique pour avoir le bien de jouir des

prédications du P. de Canillac et de la conversation des Nostres. [Fidèle à leurs conseils et à la grâce] il advancça tant en dévotion qu’un chascun le regardoit comme un miroir de vertu. L'an 162%, peu de mois après [son abjuration| il tomba malade à la mort, communia souvent de la main des Nostres, demandant

1. Lettre du P. Général au P. de Canillac, 24 nov. 1624 (Gall. miss., Epist. Gen.). Cordara, 0p. cil., n. 203). Ë

2. Lettre du baile au sénat de Venise, 1° mars 1625 (Venezia, Disp. di Const., n. 99, f. 292-299).

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