Narré de la résidence ». — Cordara, 0p. cit., n
4. Lettre du P. Riondet au P. Général, 20 avril 1626 (Gall. miss., Epist. Gen.).
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A son arrivée à Smyrne, le P. Riondet n'avait plus trouvé comme consul M. Samson Napollon qui venait de partir avec l’assentiment de notre ambassadeur ; il allait bientôt être nommé, en récompense de ses services, chevalier de l'Ordre de Saiïnt- Michel et gouverneur pour sa Majesté du Bastion de France en Afrique !. Il avait laissé le vice-consulat à M. Jean Dupuy, en lui imposant de garder les Pères Jésuites comme chapelains et comme hôtes ?. Ce fut à ce vice-consul que le P. Riondet remit, en arrivant, une lettre de Louis XIII, dans laquelle le roi ordonnait à son représentant de conserver auprès de lui les missionnaires et « de les assister ès occasions. où ilsen pourroient avoir besoin, comme personnes — disait Sa Majesté — que nous avons en singulière considération ? ». Jean Dapuy voulut que cette lettre fût enregistrée en la chancellerie, et témoigna d’abord aux Jésuites la même bienveillance que Samson Napollon.
«L'œuvre de l’apostolat se poursuivit donc en toute sécurité.
Les marchands de Chio exclus de la chapelle de Venise commencèrent à fréquenter celle de France #. Les Pères entreprirent alors, chaque premier dimanche du mois, aux principales fêtes de l’année, et tous les dimanches de l’avent et du carême, des instructions en différentes langues : en français après la messe, en italien après les vèpres’. La chapelle étant trop petite pour contenir à la fois un grand nombre d’auditeurs, on les introduisait par groupes; dès qu'une instruction était finie, les mis- Sionnaires « étoient obligez d'en commencer une autre, et cela Jusqu'à trois et quatre fois de suite, pour contenter ceux qui n'avoient pu trouver place » à la précédente. Le consul de Venise interdit à ses compatriotes la chapelle des Jésuites et il punit d’une amende ceux qui « à la desrobée » avaient assisté à leurs prédications ?. « Cette amende, écrivait le P. Perrin, a esté appliquée à œuvres pies, sçavoir est à la réparation et fabrique de la chapelle de Notre-Dame de Constantinople. Dieu soit bény qui nous a fait contribuer, sans y penser, à une si sainte entreprise 8. » S
. Of. de Grammont, La mission de Samson Napollon à Alger. .. € Narré de la Résidence... »
- Lettre du roi au consul de Smyrne, 12 avril 1625 (Narré de la Résidence.….). . Lettre du P. Perrin au P. Assistant, 14 février 1627 (Miss. Constant., n. 120). + € Narré de la Résidence... »
. Fleuriau, Estat des Missions de Grèce, p. 120. - 7. Lettre du baile au sénat de Venise, 12 juillet 1625 (Venezia, Archiv. di Stato, Decreli del Senato, Constantinopoli, Reg. XVI, f. 65). 8. Lettre du P. Perrin déjà citée.
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Parmi les œuvres des Pères de Smyrne, nous ne pouvons passer sous silence les congrégations érigées en l'honneur de la Très Sainte Vierge, au nombre de trois : celle des marchands, celle des artisans et celle des écoliers. L'an 1629, raconte l’annaliste de la résidence, « à la sollicitation de plusieurs, pour accroistre la fréquence des sacrements, nous avons institué une congrégation pour les marchands françois et autres latins du pays, de laquelle, oultre les exercices ordinaires à toutes, Dieu a retiré des fruictz par la vocation d’un des plus honestes et vertueux marchands quy fust en Smyrne, lequel est à présent au noviciat d'Avignon... A ceste congrégation on a adjousté celle des artisans latins et grecs, en laquelle les latins passagers et habitans sont en grand bas, qui ne manquent de s'advancer à la crainte de Dieu et'en donnent des preuves tous les jours... A limitation de ces deux congrégations & personnes âgées, les fente de l’escolle ont, par dévotion à la Vierge, commencé la leur, à laquelle ils se rassemblent tous les dimanches, lisent un livre spirituel en grec, disent le chapellet et chantent les litanies de là Vierge, puis s'en vont ouyr la messe. L'après- -diner ils viennent à la doctrine chrestienne et y amènent quantité d’aul tres Grecs. Icelle finie, on la faict aux Arméniens en leur langue, et is l'on va aux vaissel francois instruire » les mousses des -équipages ‘.
En mème temps que le culte de la Très Sainte Vierge, la dévotion à saint Ignace s'était promptement répandue à Smytne, grâce aux miracles que Dieu opérait par son intercession et le contact d’une de ses reliques. « Une femme turque qui tous les mois estoit tourmentée du mal caduc, ayant appris la vertu de cette relique, pria un Grec de l’emprunter de nous pour ayder quelque femme chrestienne et la luy porter. Depuis que la relique fut en la maison de la femme turque, [son mal]ne la tourmenta plus, et craignant qu'{il] ne la saisit à l'ordinaire si elle.la renvoyait, elle [la] garda l’espace de deux mois. Nous demandâmes souvent nostre relique au Grec qui, après plusieurs excuses et délays, advoua qu'il l’avoit portée à une femme turque, [laquelle! en ayant receu du soulagement, faisoit difficulté de la rendre. Un de nos Pères dit au Grec quil asseurât la dicte turque que le mal caduc ne la tourmenteroit plus, puisqu'elle avoit eu recours à sainct Ignace. Elle le creut et renvoya la relique avec une