‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 239 sur 308 · Fleuria,u Estat des Missions de Grèce, p · texte numérisé non relu

Fleuria,u Estat des Missions de Grèce, p

3. Briève relation de l'établissement des Pères de la GRRpagte en la ville de Snyrne... (Carayon, 0p. cil., p. 164).

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ils verront | vos Pères] arriver par de là, ils ne manqueront point de leur dresser des embusches et de les faire cognoistre plustost pour des espions que pour des ecclésiastiques. Il y à d'autre part, d'ordinaire, un ou deux religieux de l’ordre de saint Francois qui sont envoyés du Gardien qui réside en Jérusalem... non seulement pour servir aux besoins des chrestiens, mais encore pour les exhorter à secourir de leurs aulmosnes les Saints-Lieux. Si vos Pères vont [à Alep] ils seront ennuyés des dits religieux de Saint-François qui eroiront qu'ils ne sont allés par delà que pour leur ravir Les aulmosnes qui leur sont faictes ordinairement; et pour cette cause, ils seront pour se joindre avec lesdits Anglais et Flamands pour faire chasser ceux de vostre Compagnie, qui, vivant en Alep, n’auroient pas le moyen d'y profiter “comme ils font en Constantinople, attendu qu'il y a peu de chrestiens de nostre créance, et partant, un collège n'y sera pas grandement utile!. »

Ces difficultés, trop réelles, n'auraient pu cependant arrêter le P. Coton, mais son éloignement de la cour l’empècha de donner suite au projet. On y revint quelques années plus tard, sur de nouvelles instances du consul, et sur l’ordre du Souverain Ponie |

Alep, située sur les rives du Marsyas, entre l'Euphrate et la mer de Cilicie, était devenue par l'avantage de sa position un des marchés les plus importants de l'empire ture. Elle ne le cédait qu'à Constantinople et au Caire pour le nombre de ses

habitantss. On y comptait en 1624 beaucoup de chrétiens de :

différentes nations, mais dénués de presque tout secours spirituel. Rome s'alarma de ce déplorable abandon, et le pape Urbain VIII, d'accord avec les cardinaux de la Propagande’, résolut d'envoyer en cette ville des Pères de la Compagnie de Jésus’. Le 28 décembre 1624, le P. Vitelleschi enjoignait au Provincial de Lyon de désigner deux Pères pour la mission d'Alep, et au P. de Séguiran de leur obtenir du roi des lettres de recommandation. Bientôt les PP. Jean Stella et Gaspar Mani-

1. Lettre de M. de Brèves au P. Coton, 6 nov. 1615, publiée par Prat, Recherches, V, 357.

‘2. Lettre du P. Général au P. de Canillac, 27 mai 1623 (Gall. mss., Epist. Gen.).

3. Cf. Masson, Hist. du commnerce français dans le Levant, p. 371.

4. La congrégation de la Propagande fut fondée par Grégoire XV en 1622.

5. Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. VE, L XV, n. 218. — Mémoires du Levani, tr p. 120. — Besson, La Syrie el la Terre Sainte au xvu° siècle, p. 19.

6. Lettre du P. Général au P. Fourier, 28 déc. 1624 (Lugdun. Epist. Gen., t. Il). Lettre du même au P. de Séguiran, même date (Francia, Epist. Gen., t. 1V).

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glier furent avertis de se rendre à Marseille où ils devaient s'embarquer. C'est là qu’ils reçurent les lettres de cachet adressées à l'ambassadeur de France en Turquie et à notre consul d'Alep. À ses deux représentants Louis XIII ordonnait de protéger les missionnaires « en telle sorte qu'il ne leur soit donné aucun empeschement en toutes leurs fonctions ecclésiastiques et spirituelles, ains qu'ils y soient soigneusement assistés par les consuls et aultres, comme chose qui tend à la gloire de Dieu et à l'édification des catholiques! »,

Partis de Marseille le 22 juin 1625, les PP. Stella et Maniglier s'arrêtèrent quelques jours à Malte et débarquèrent à Alexandrette le vendredi 18 juillet. Le dimanche suivant ils étaient dans Alep et se rendaient immédiatement à la maison du consul?. Là, par malheur, ils ne trouvèrent point le titulaire, mais un certain Pierre Ollivier qui avait affermé la charge sans posséder les qualités requises pour l'exercer avec honneur dans des circonstances délicates ou difficiles 5.

1. Leltre du roi à M. de Césy, 14 fév. 1625 (Bibl. nat., fr. 16.156, f. 483) publiée par Rabbath, op. cit., p. 358. — Lettre du roi au consul d'Alep même date (Miss. Constant., t. 1, p. 99).

2. « Simplicissima narratio eorum quae duobus Patribus Alepum missis contiserunt, à decimo Kal: Jul. an. 1625 ad 14%“ cal. April 1626 ». Signée Stella et Maniglerius (Miss. Constant., t. I, n: 117).

3. Fagniez, op. cit... 1, p. 339. « Après que les consulats, dit cet auteur, eussent été érigés en litre d'office, il arriva souvent que les titulaires ne voulant pas résider: sur les lieux affermèrent leurs charges en laissant croire qu'ils les faisaient exercer par Commission.:Les intérêts de la colonie francaise! et des colons étrangers qui vivaient sous la protection de la France se trouvaient alors confies à des agents qui n'avaient recherché leurs fonctions que dans des vues intéressées. .Tel était le cas d'un certain Pierre Ollivier qui ayant affermé pour trois ans le consulat d’Atep et S’élant élevé de la condition de domestique du consulat au rang de consul, exploita honteusement les résidents francais et manifesta contre les Capucins, comme il l'avait fait précédemment contre les Jésuites, la plus grande antipathie. It avait fait chasser les seconds d'Alep; il ne tint pas à lui que les premiers n’eussent le même sort. » M: Fagniez en forinulant cette accusation ne fait que résumer une requête adressée aux ministres du roi par le mandataire des résidents français à Alep. (Aff. Ktrang. Turquie, corr., t. 1V). Toutefois la justice nous oblige à élever quelques doutes sur le seul point qui nous intéresse : quelle fut réellement la conduite du consul Ollivier à l'égard des Jésuites ? Les documents que nous avons dans les mains sont contradictoires. Les PP. Stella et Maniglier l’accusent de mauvais vouloir et de duplicité (Lettre à M. de Césy, 4 juin 1627, Aff. Etrang. Turquie, corr., t. HI, f. 440); de même Île sieur Philippe Caune, Marseillais, résidant à Alep, atteste en 1631 que ce consul n'a point pris les intérêts des Jésuites (/bidem, t. IV, n. £0). Par contre, nous avons pour la défense de Pierre Ollivier : 1° une lettre de lui au P. Gardien de Jérusalem en faveur des missionnaires de la Compagnie, 8 novembre 1625. (Bibl. nat., fr. 16160, f. 122) ; — 2° une lettre du consul vénitien d'Alep, ennemi acharné et actif des Jésuites, au baile de Venise à Constantinople, dans laquelle il se plaint, le 30 juin 1627, que le consul français s'emploie, et a gain de cause, pour les Pères. auprès du vizir (Venezia, Archiv. di Stato, Disp. di Constant., n. 104, f. 576-579); — 3° enfin un certificat en bonne forme du P. Queyrot, atlestant, le 7 avril 1631, que:

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7: M: Ollivier n'ayant pu recevoir chez lui les nouveaux arrivants, ils furent contraints de se loger au fondique, ou maison commune des marchands français!. Et aussitôt commencæ pour les pauvres Pères une vie de contrariétés et d'épreuves, qu'on aurait peine à croire si elles n’étaient attestées par des documents irrécusables. Ils les supportèrent avec une patience héroïque, les regardant comme le gage assuré des fruits spirituels qu'ils devaient un jour recueillir.

« La vérité historique, observe à ce sujet le P. Cordara, demanderait qu'on indiquât les personnes qui se déclarèrent ouvertement contre la mission, les motifs qui inspirèrent leurs actes, ce qu'ils entreprirent contre la Compagnie et comment ils parvinrent à leur but. Mais la loi de charité nous oblige de ne dire que ce qui est indispensable pour l'instruction de la postérité?. » Gardons, nous aussi, dans la mesure du possible, la même réserve; exposons simplement les faits en renvoyant aux sources Le lecteurs qui voudrait connaître les causes de ces regrettables événements.

Il y avait à Alep un couvent dont le supérieur, en vertu de 5é ne sais quel privilège, s’attribuait le droit et le pouvoir de curé ordinaire dans toute l'étendue des possessions turques en Orient. Dès qu'il apprit la présence des deux Jésuites, il leur dépêcha un de ses religieux pour leur signifier de ne pas s’avancer plus loin, et leur défendre s'ils séjournaient dans la ville, d'y exercer aucune fonction du saint ministère. Les Pères hésitèrent à obéir et tâchèrent de gagner du temps, persuadés que, munis de l'autorisation suprême du Souverain Pontife, ils n'avaient pas à

se soumettre à une juridiction inférieure et incertaine. On eut alors recours à des menaces dont les Pères ne se montrèrent point effrayés; ils y opposèrent le titre de leur mission légitime provenant du Saint-Siège, auquel aucune autorité ne pouvait déroger. Le supérieur refusa d’en tenir compte. A l'heure même où l’on célébraït une messe solennelle dans la chapelle consulaire, il fit afficher à la porte une sentence d'interdiction avec menace d’excommunication aux missionnaires, s'ils osaient offrir le saint sacrifice ou entendre les confessions dans la ville. Les Jésuites

en appelèrent au Souverain Pontife et continuèrent à dire la

le consul Ollivier a protégé les Jésuites (Af. Etrang., Turquie, {. IV, n. 70). Cf. Rabbath, op. cit., p. 379. ï

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