Ragon, Hist. générale des temps modernes, t. 11, p
3. Mémoires de Richelieu, t. X, p. 499-501. — Mémoire du roi, mai 1625 (Avenel, Lettres de Richeliew, t. 11, p. 80).
4. Relation du siège de La Rochelle (Arch. cur. Sent de France, 2° série, t. IN, P. si
. De Carné, Les fondateurs de l'unité nalionale, t. I1, p. 230. 6. Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. V,1. XIE, n. 108.
décimé les habitants de la ville : de plus de vingt mille qu'ils étaient au commencement du siège, il n’en restait plus que cinq mille, tellement fanatisés par leurs chefs et leurs ministres qu'ils auraient préféré mourir que de se rendre. « Messieurs, s'écriait dans un prèche l’un de ces derniers, que faisons-nous en ceste vie? n'est-ce pas pour aveoir paradis? Le vray moyen: d’y parvenir, c’est la persécution que vous avez en mains; mais c'est la persévérance qui fait tout. Et ainsi s’encourageaient de mourir !. » Me de Rohan parcourait les rues, une épée à la main, et criant : « Voicy l'espée de mon fils qui délivrera la cité; voicy l’espée que Dieu a choisy pour vous donner la liberté?. »
Le 26 du moiïs d'octobre, les habitants réduits à la dernière extrémité, entamèrent des négociations pour les conditions de la paix. « Deux des Rochelois qui estoient dans les vaisseaux, avec‘deux de la ville, estant allé à cet eflet trouver Monsieur le Cardinal, 1l leur dit que toute la miséricorde qu’ils pouvoient espérer du Roy estoit qu'ils auroient leur vie et leurs biens saufs, et la liberté de la religion sans spécifier si ce seroit dehors ou dedans la villeÿ. »
Les députés, après en avoir conféré avec le conseil de ville, revinrent lelendemain, 27 octobre, irouver le cardinal et demandèrent, mais en vain, la conservation de leurs anciens privilèges {. Supportant mal ce refus, ils s'écrièrent, avec insolence « qu'ils avoient vivres et argent pour longtemps et que Braguant, leur capitaine de mer, venu avec l’armée anglaise les secoureroit. — Monsieur le Cardinal leur dit : « Quant à vos vivres, le Roy a des « soldats devant votre ville pour les vous faire consumer, car on « y demeurera dix ans s’il est de besoïn ; quant à votre argent « le Roy en a bon besoin; gardez-le bien dans vos coffres. Mais «pour Braguant, que direz-vous si je vous le fais veoir? »— Ils dirent que c'estoit chose impossible et qu’il leur faudroit donc charmer les yeux. — Lors Monsieur le Cardinal commanda qu’on appelât Braguant, Le ministre Vincent et Faican quitraitoient avec le Roy sans le sceu des Rochelois. Lors les Rocheloïs, estonnés de ceste rencontre, ‘parlèrent plus bas et eurent commandement d'accepter dans vingt-quatre heures les offres du Roy, de la vie, des biens et de l'exercice de leur religion ?. »
1. « Notanda de redditione Rupellae » (Aquitaniae historia, n. 32). 2. 1bidem.
3. Extrait des lettres écrites aux PP. de Paris (Franciae historia, t. If, n. 46).