‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 26 sur 308 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

2. Lettre du P. Général au P. Monod, 25 janvier 1626 (Lugdun., Epist. Gen., t. IV).

session au greffe du Châtelet « pour être supprimés », et défendait « à peine de la vie», aux particuliers de « les lire et retenir», aux imprimeurs et aux libraires « de les imprimer, vendre, ni exposeri», ,:

Quelques jours après la sentence du prévôt, le 16 novembre, la Faculté de Théologie se réunit en assemblée extraordinaire au collège de Sorbonne. Sur la proposition de M° Georges Froger, syndic, on nomma une commission de huit membres, chargés d'examiner la doctrine des libelles et d’en faire un rapport à l’assemblée du 1” décembre ?.

Dans l'intervalle, le nonce intervenant auprès de quelques docteurs, leur demanda de dresser une censure en termes généraux sans spécifier ni condamner des propositions particulières : on éviterait aïnsi « le risque d’offenser le Saint-Siège et de blesser les maximes de conscience les plus universelles par trop de zèle pour la défense des droits royaux® ». La démarche de Spada ne fut pas tout à fait mutile. Le 1” décembre, la Falculté, après avoir entendu le rapport de ses commissaires, déclara l’Admonitio ad Regem «entièrement exécrable et détestable, remplie de ealomnies noires et d’injures atroces… et contenant beaucoup de choses. contre la vraie et saine doctrine de l’Église ». Partant, elle priait et conjurait « les Révérendissimes prélats et les magistrats séculiers, par le zèle qu’ils ont à l’honneur de Dieu, à la justice, au salut du Roi et au bien général de son État, de châtier exemplairement par toutes voies justes et raisonnables ce reste

survenu, après une ample vendange, de tant de malheureux assassins du passé * ».

Sans attendre la censure de la Sorbonne, les tenants du gallicanisme s'étaient empressés de remuer l’épinion au profit de leurs doctrines. Sous prétexte de défendre l'honneur de la France et la personne sacrée du roi, des écrivains aux gages deRichelieu saisirent l’occasion de réveiller d'anciennes querelles. En ce temps-là vivait dans Ia capitale un ministre converti, Jérémie Ferrier, jadis professeur de théologie calviniste à Nimes. Catholique de nom, mais plus soucieux des prétentions de l’État que

1. Sentence du prévôt de Paris, 30 octobre 1625 (Annales des soi-disans Jésuites, t. LIT, p. 80, 81). Cf. Le Mercure Jésuite,t. 1, p. 782, 784.

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