‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 264 sur 308 · Journal..…., p · texte numérisé non relu

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4, Mémoires de Gaston d'Orléans, p. 580.

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Toujours prêt aux belles promesses, quand ïl ne pouvait

autrement se tirer d'un mauvais pas, Monsieur les oubliait au moindre caprice, à la première impulsion de ses néfastes conseillers. Un an s'était à peine écoulé que Le Coigneux et Puylaurens croyant avoir à se plaindre de Richelieu aigrirent de nouveau l'esprit du prince contre lui, et sous prétexte de défendre la cause de la reine mère, le décidèrent à s'éloigner de la cour, Gaston osa bien, en présence de dix ou quinze gentilshommes, réprocher au ministre d’avoir manqué à ses propres engagements. Il s'étonnait, ajouta-t-il, « que devant sa fortune à la Reine sa bienfaitrice, au lieu de lui en témoigner sa gratitude, il fût devenu au contraire son plus grand persécuteur, continuant par ses artifices ordinaires à la noicir dans l'esprit du roi ». Il le menaca même de sa colère avec force « gestes des mains et mouvements des yeux », en sorte que le cardinal resta sans réplique, « ne sachant si c'étoit tout de bon ou seulement pour lui faire peur ». Aussitôt après cette incartade, Monsieur montait en carrosse et partait pour Orléans. Un quart d'heure plus tard, le roi accourut « à toute bride » chez Richelieu « pour lui dire qu'il seroit son second et le protégeroit hautement contre tous sans exception, fût-ce même contre son propre frère! ». |

On ne laissa point de rendre Marie de Médicis responsable des mauvais desseins de Gaston. Bien qu'elle protestât les avoir ignorés, le cardinal, plus défiant que jamais, résolut de renoncer envers elle au régime des concessions. Louis XIU, au contraire, caressait encore l'espoir d'un accommodement; tout décidé qu'il fût à soutenir son ministre, il ne voulait pas cependant « manquer au respect qu'il devoit avoir pour celle dont il avoit recu la vie? ». Sans doute il lui ferait mieux entendre raison s’il pouvait la mettre à l'abri des intrigues, l'éloigner des mécontents. Il partit donc pour Compiègne, le 17 février, et engagea sa mère à l'y rejoindre. Marie de Médicis l'y suivit deux jours après. Alors il essaya par toutes Les voies possibles d'adoucir son esprit, « employant pour cela et Vautier, son premier médecin, et le P. Suffren, son confesseur, qu'elle aimoit fort ». Mais, parallèlement à ces tentatives conciliantes, le cardinal s'était tracé un plan rigoureux qu'il suivit avec une constance inflexible. « Pour prévenir les brouilleries dans l'État,

1. Mémoires de Gaslon, p. 581, 582. 2. Mémoires de Motleville, p. 43.

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dira-t-il plus tard, et afin que la confiance fût entière, il étoit nécessaire que la Reine assurât le Roi, même par écrit, qu elle ne vouloit jamais avoir d'autre onde que celle du bien dé son État pour lequel elle contribueroit tout ce qui dépendroit d'elle et abandonneroit toutes les personnes que le Roi jugeroit coupables tant dedans la cour que dehors! ». Cet engagement écrit, quoique proposé par le P. Suffren, parut à Marie de Médicis une trop dure condition et la marque d’une excessive méfiance. Elle ne voulut point s'y résoudre, ni recevoir à tel prix la soumission du cardinal?.

Dès lors Richelieu n’hésita plus à imposer de force ce qu'il ne pouvait obtenir de bon gré. Dans Le conseil réuni le 22 février, il'exposa les moyens de remédier aux maux qu’entraïnerait infailliblement pour la France la révolte de Monsieur soutenu par la reine mère, et il conclut par cette alternative : ou qu’on l’autorisät à quitter les affaires, ou qu’on invitât Marie de Médicis à s'éloigner de la cour. Le roi, dans l’intérêt du bien public, consentit à se séparer de sa mère pour quelque temps, « afin que ce pendant son esprit eût le loisir de se désabuser® ».

Le lendemain donc, de bon matin, Louis XIII quitta subitement Compiègne avec Anne d'Autriche, après avoir recommandé au P. Suffren « d’avertir la Reine mère de son départ, sitôt qu'elle seroit éveillée, et de l’assurer qu'il avoit un regret sensible de partir sans lui dire adieu ». Des instructions écrites enjoignaient au maréchal d’Estrées de rester au château avec huit compagnies de gardes royales, d'accompagner la reine dans ses promenades et de lui chéir en tout ce qu’elle commanderait : toutefois, si elle voulait aller à la cour, il devait lui faire entendre avec respect qu'il avait ordre de l’en empêcher. Marie de Médicis était en quelque sorte prisonnière; bientôt elle apprit, avec l'élévation de Richelieu à la dignité de duc et pair, la disgrâce de ses principaux serviteurs, exilés ou enfermés à la Bastillef.

3. Malgré tout, Richelieu n’était pas très rassuré : Compiègne

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