‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 267 sur 308 · Mémoires de Fontenay-Mareuil, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Fontenay-Mareuil, p

seur tout ensemble du roi etde sa mère, au moment des relations les plus tendues entre les deux cours, sans faire aucune démarche qui lui enlevât l'estime de l’une ou de l’autre, sans commettre une seule imprudence capable d’indisposer l’une ou l’autre contre la Compagnie de Jésus, ce religieux-là ne peut avoir été un homme « trop simple et facile à abuser»; il fut un homme qui se renfermait saintement dans son rôle : voilà tout !.

Rien n’explique mieux comment il put se méprendre sur les intentions de Marie de Médicis que le ton de la correspondance entre celle-ci et le roi dans les premiers temps du séjour en Belgique. Elle y parle le langage de l'innocence méconnue et persécutée ; elle accuse, non son fils, mais le cardinal de vouloir sa perte. Louis XIII, devant ces protestations se montre plutôt sévère. Dans une lettre inspirée par Richelieu, il traite d'imaginaires les rigueurs dont elle se plaint. « Je suis d’autant plus fâché, lui dit-il, de la résolution que vous avez prise de vous retirer de mes États, que vous n’en aviez point de véritable sujet. » Assurément l’orgueil et la rancune inclinaient I& reine à lexagération : elle oubliait son propre tort, celui de n'avoir point suivi à Compiègne les conseils du P. Sufiren et de ceux qui voulaient lui persuader la soumission. Mais, en admettant cette faute, il est bien permis de reprocher à Richelieu sa conduite rusée et son ambition implacable. « La dureté, dit M"° de Motteville, avec laquelle il traita la reine mère, sa maîtresse et sa bienfaitrice, pendant son exil, diminue de beaucoup les louanges qu'on doit à sa mémoire. [Des] gens de ce temps m'ont assuré que [le roi} n'eut point dessein de ce qui arriva... à Compiègne; mais, peu après, le cardinal lui fit comprendre qu’il falloit détruire toute cette cabale qui portoit la reine mère à brouiller PÉtat, et que pour ce fait il falloit l’arrèter quelque temps, après lequel, tous ceux de son parti étant morts ou prisonniers, on la feroit ren mais cette princesse ayant passé en Flandre (ce qui fut, à ce qu'on dit, pratiqué par lui-même), il lui fut aisé de déguiser la vérité au Roi son fils et lui persuader que l’absence de la reine sa mère était nécessaire au repos de son royaume?. »

6. Marie de Médicis, durant son séjour dans les Pays-Bas, eut maintes occasions de montrer les sentiments qui l’animaient à

f- Fouqueray, Le Père Jean Suffren à la cour de Marie de Médicis et de Louis XIIE, p. 451 et suiv.

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