Mémoires de Madame de Motleville (édit. Michaud, P
l'égard des Jésuites, « A Mons, écrit le P. Suffren, la reine mère a déjà donné de grandes marques de bienveillance envers notre Compagnie et a recu avec beaucoup d'affection ceux des nôtres qui l’ontsaluée. Le jour de la Saint-Ignace elle est venue dans notre église, et durant une demi-heure elle à prié avec ferveur notre Bienheureux Père. On parle de parür bientôt pour Bruxelles et de visiter les pieux sanctuaires de Notre-Dame de Hales, de Notre- Dame d’Aspremont, de Notre-Dame de Foix, et les villes les plus célèbres de ce pays, comme Anvers et Lille !. ,
Marie de Médicis était depuis quinze jours à Mons, lorsque l’infante Isabelle vint de Bruxelles pour l’inviter à se rendre dans cette ville et l’y accompagner. Elle fut accueillie par les habitants de la capitale avec tous les honneurs dus à la mère de plusieurs souverains *®. Comme on lui présentait les autorités du pays et les supérieurs des ordres religieux, on la vit s'entretenir familierement avec le P. Recteur du collège 3. Quelques jours plus tard, désirant visiter les églises, « elle commença par celle des Jésuites, Let] après [y] avoir fait ses prières, elle fut voir toute la maison, en laquelle elle receut [des Pères] toutes sortes de satisfactions # ,. Elle goûta surtout le compliment en vers que dans chaque division lui adressa l’un des élèves 5.
Au commencement de septembre, toujours accompagnée de son confesseur et de l’Infante, elle fit une excursion à Anvers6. La grande cité, qui portait noblementle nom de métropole des arts, lui fit une réception digne de son rang. Elle visita les églises, orgueil de la ville; elle se rendit à l'imprimerie plantinienne où Balthasar Moretus cemposa son éloge en vers latins; elle fut chez Van Dick qui peignit son portrait: puis elle n'oublia point les Jésuites, ni leur maison professe, ni leur collège. Les élèves lui offrirent la représentation d’une tragédie; elle s’y trouva environnée de toute sa cour, et le Mercure françois n'a pas manqué de narrer avec complaisance cet événement. « On lui avoit préparé un théâtre couvert et richement paré, afin qu'elle fust hors de
1. Lettre du P. Suffren au P. Général, 1°" août 1631 (Francia, Epist. ad Gen. t. I).
2. De La Serre, Hist. curieuse de tout ce qui s'est passé à l'entrée de la reine mère... dans les villes des Pays-Bas, D- 17. Cf. Devillers, Séjour de Marie de Médicis à Mons, dans Annales de l'Académie d'Archéologie de Belgique, 1° série, t. XIV, p. 497.
3. Lettre du P. Général au P. Malcot, 18 oct.1631 (Flandr. Belg., Epist. Gen, 1.5 1630-1643).