Le Mercure françois, p
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la foule du peuple, et les dames de sa suite. Elle demeura fort satisfaite et loua ce qu’elle avoit vu de l’action, laquelle ne peut estre achevée Le jour même, qui estoit le neuvième de septembre, pour n'avoir esté commencée que sur les quatre heures après midi. » Auparavant la reine était allée à la chapelle des élèves pour prier « et entendre le sermon qu'y fit le P. Soutfran ! ».
Ce dernier, dans une lettre du 25 septembre, ajoute quelques détails précieux à recueillir. « Votre Paternité a sans doute appris les belles réceptions faites à la reine mère par nos Pères de Mons, de Bruxelles et d'Anvers, combien elle-même nous estime, avec quelle amabilité elle a visité nos églises, nos collèges, même les chambres et les bibliothèques. Tout dernièrement elle est restée presque seule, les portes fermées, à considérer dans le plus petit ‘détail la magnifique ornementation de l’église de notre maison professe. » |
Dans la mème lettre Le P. Suffren annonçait au P. Général que Marie de Médicis avait décidé de retourner bientôt à Bruxelles, et de s'y fixer jusqu’à ce que Dieu eût changé le cœur de son fils. « Les affaires, ajoutait-il, sont toujours dans le même état. La reine est bien résolue de ne rien entreprendre de contraire aux intérêts du roi ou du royaume. Toute pensée de guerre ou de recours aux armes est loin de son esprit. Ceux qui sont venus lui faire de semblables propositions ont été éconduits, et personne n'ose plus lui tenir pareil langage. En France, elle pouvait à peine respirer, craignant continuellement ou une captivité plus dure, ou quelque péril pour ses jours. lei, elle vit plus tranquille et plus à l’aise, ne s’occupant que de parcourir les villes Les plus importantes de la Belgique ou les principaux sanctuaires consacrés à la Bienheureuse Vierge.
« La semaine dernière, la Sérénissime Infante a envoyé au roi très chrétien le doyen de Cambrai, afin de trouver quelque voie à un accommodement, et Son Altesse elle-même s'offre tout entière pour y contribuer; mais je crains bien que toutes ces tentatives ne soient inutiles. La reine mère, me semble-t-il, ne peut se promettre aucune sécurité en France, tant que l'Éminentissime cardinal de Richelieu conservera auprès du roi l’autorité et l'influence dont il jouit en ce moment. S'il a été assez puissant, comme la reine me l’a souvent répété, pour la séparer du roi alors que, quinze jours auparavant, celui-ci l’avait assurée, les