Le Mercure françois, p
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de la fidélité de son frère !. Si personne ne parvint à fléchir le “monarque justement irrité, c'est qu'il avait fait sienne la maxime de Richelieu : « En matière de crime d’État, il faut fermer la porte à la pitié ?. »
Le 30 octobre au matin, le duc de Montmorency fut conduit de l’hôtel de ville au palais, où les juges siégeaient sous la présidence du Garde des Sceaux. La rébellion étant manifeste, Le procès ne devait être ni long ni difficile. D'ailleurs l'accusé était résolu à ne pas défendre sa tête, mais, sur le conseil de son confesseur, à dire simplement la vérité; « il avoua tout », voire « il s'accusa, s’il faut ainsi parler, se calomnia luy-mesme, afin. de souffrir la peine de tous ceux que sa considération faisoit criminels # ». Le président, à la fin de l’interrogatoire, lui ayant demandé s’il ne croyait pas avoir mérité la mort : « J'ai déjà reconnu la faute dans laquelle je suis tombé, plutôt par imprudence que par malice, répondit-il, et j'en demande pardon à Dieu et au roi “. » Quand il eut quitté la salle d'audience, le sieur de Cadillac lut le rapport du procès, et l’on recueillit les voix. L'arrêt, prononcé d'un consentement unanime, privait le coupable de tous ses honneurs, confisquait ses biens au profit du roi et le condamnait à avoir la tête tranchée sur un échafaud dressé dans la place de Salin. Toutefois Louis XIII, ayant égard aux prières de quelques parents et amis, ordonna que l'exécution se ferait à huis-clos dans la cour de l'hôtel de ville ?.
De retour dans sa prison, le duc de Montmorency écrivit à sa femme cette lettre touchante : « Mon cher cœur, je vous dis le dernier adieu avec une affection pareille à celle qui a tousjours esté parmy nous. Je vous conjure, par le repos de mon âme et par Celuy que j'espère voir bientost au ciel, de modérer vos ressentiments, et de recevoir de la main de nostre doux Sauveur cette affliction. Je recois tant de grâces de sa bonté que vous devez avoir tout sujet de consolation. Adieu encore une fois, mon cher cœur 6. » |
On le voit, dans cette âme si noble, si vigoureusement chrétienne, Les leçons du P. Arnoux avaient promptement fructifié;
1. Griffet, op. cit., p. 353, 384. — D’Aumale, Hist. des Princes de Condé, t. WI, 540-543.