Mémoires de Gaston, p
6. Griffet, op. cit., p. 359. — Bazin, op. cil., t. LIL, p. 238.
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Marie de Médicis l’espéra, surtout quand elle le vit résolu
d'appeler près de lui sa jeune femme restée à Nancy. À la nou-
velle de ce. projet, Richelieu envoya une armée menacer la Lorraine, soi-disant pour forcer le duc Charles à mieux exécuter le traité de Liverdun. Saint-Chamond, qui avait coupé Nancy de toute communication, recut l’ordre d’arrêter la princesse. Mais elle s’échappa sous un déguisement et parvint à Bruxelles le 6 septembre 1633!. Dès lors Gaston ne cacha plus qu’elle fût sa femme et avoua bien haut l'avoir épousée depuis deux ans. D'Elbène lui ayant dit que s'il continuait sur ce ton le roi lui interdirait tout retour en France et le déclarerait déchu de ses droits à la couronne, Monsieur courut chez le P. Suffren : « Croyez-vous, lui demanda-t-il, que mon frère ait le pouvoir de faire pareille déclaration, et un mariage contracté secrètement peut-il encourir l’excommunication du Pape? » Le Père le rassura. Rome n’invaliderait point son mariage, et rien n’autorisait le roi à lui enlever son droit de succession ®.
Cependant Louis XII, alors sans enfant, très jaloux de Gaston etne pouvant se faire à l’idée que ce frère fonderait une dynastie, était déterminé à tout entreprendre pour obtenir la dissolution d’un mariage conclu sans son consentement, lequel était nécessaire d’après la loi française, puisqu'il s'agissait d’un prince du sang. N’espérant pas grand’chose du côté de Rome, il eut recours à la complaisance des juges civils. Le 2 janvier 1634, il fit présenter au parlement par le Procureur général, Mathieu Molé, une requête, demandant qu’il fût informé contre le duc de Lorraine à raison du rapt commis par lui sur la personne de Monsieur pour le marier avec sa sœur ; rapt exécuté « en terre étrangère et dans un couvent, lieu secret et caché, qui suffirait pour établir Ja clandestinité ? ». se
A cette requête où l’on prétendait considérer comme forcé et clandestin un mariage accompli secrètement, ilest vrai, mais librement et volontairement devant témoins, Monsieur répondit en faisant ratifier à Bruxelles, Le 25 février 1634, par l’archevéque de Malines, entouré de ses principaux officiers et de « tesmoings à ce spécialement requis », les liens sacrés qui l’unissaient