Le Mercure françois, t. XIX, an. 1633, p
2. Lettre de l'abbé scaglia à Philippe IV (Bruxeiles, Archiv. du royaume, Corresp., t. I, p. 269). Cf. Henrard, Marie de Médicis dans les Pays-Bas, p. 341, 342.
3. Le Mercure françois, t. XX, an. 1634, p. 853. — Mémoires de Mathieu Molé, t. IT, p. 214. .
à la princesse Marguerite !. Cette ratification rendue publique gênait fort Les desseins de Richelieu, car elle pouvait empêcher Louis XIII de rappeler son frère. Or, au moment de guerroyer contre l'Autriche, le cardinal ne voulait pas avoir à l’étranger, dans les Pays-Bas espagnols, un prince français sans cesse occupé à tramer des complots contre l’État. IL sut adroitement combattre la jalousie du roi, et l’on reprit les négociations d’un accord avec Monsieur. Elles n’allèrent pas sans accrocs et furent suspendues plusieurs fois avant d'aboutir, Gaston poursuivant à la même époque une entente avec l'Espagne. Enfin, le 1° octobre 1634, fut signé à Écouen un accommodement par lequel Monsieur promettait « une entière résignation aux volontés du roi, comme aussi de renoncer à toutes sortes de traités et intelligences quil pourroit avoir fait avec qui que ce füt ». Pour son mariage, 1l consentait à s’en remettre au jugement de tribunaux civils, et, s’il était dissous, à ne se remarier qu'avec le consentement de Louis XIII ?.
On sait que les promesses ne coûtaient rien à Gaston. Au demeurant, il aimait sa jeune femme et il avait fait tenir au Pape une lettre où il assurait Sa Sainteté que son mariage avait bien été libre et valide, et la priait de regarder comme non avenue toute déclaration contraire qu'il pourrait être amené à signer pour obéir à une volonté supérieure*. Dès la fin d’octobre il était de retour en France, et le P. Vitelleschi, en écrivant au P. Suffren lui exprimait toute la joie qu'il ressentait d’une réconciliation si désirée {.
13. Dans le traité d'Écouen il n'était pas question de la reine mère. Pourtant, de son côté, elle avait essayé à plusieurs reprises . de renouer tantôt avec le cardinal, tantôt avec le roi, des négociations auxquelles le P. Suffren, obéissant à la direction du P. Général, ne resta pasétranger.
Une première démarche tentée en 1632 par l'Infante Isabelle, Anne d'Autriche et la reine d'Espagne, ne réussit point. Richelieu ayant proposé comme intermédiaires les comtesses de Saint-Pol et de Soissons, Marie de Médicis les récusa, la première n'étant point
1. Acte dressé par l’archevêque de Malines, 25 février 1634 (Bibl. nat., fr. 3751, f, 1). Cf. Mémoires de Gaston d'Orléans, p. 599.
2. Mémoires de Montrésor, p. 193, note 1. Mémoires de Richelieu, t. I, p. 514.