‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 286 sur 308 · Mémoires de Richelieu, t. 1, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu, t. 1, p

ministre, Louis XII, l’âme peut-être troublée par les reproches

de son confesseur, résolut de soumettre à son conseil d'État la question du retour de sa mère. Le 18 décembre eut lieu à ce sujet une délibération sur laquelle Richelieu, dans ses Mémorres, s'étend avec une complaisance suspecte. Qui sait si lui-même ne fut pas l’auteur du réquisitoire sévère qu'il cite tout au long, et où le rappel de Marie de Médicis était présenté comme incompatible avec la tranquillité publique”? On décida, conformément aux vues du cardinal, que, si la reine voulait témoigner « être innocente des assassinats entrepris depuis peu, au moins par la sollicitation des siens plus confidens..., en livrant à la justice du roi les auteurs de si pernicieux conseils, Sa Majesté devait la recevoir en son royaume, lui donner la jouissance de son bien et de toutes ses pensions pour en vivre librement en quelqu’une

de ses maisons, éloignée de la cour, au moins jusqu’à ce qu’on -

eût des preuves nettes de sa conduite!. »

Une telle résolution était humiliante pour Marie de Médicis. En ces derniers temps, la police de Richelieu avait arrêté, dans des circonstances d’ailleurs étranges, un individu soi-disant chargé d’assassiner le cardinal. Cet homme, du nom d’Alfeston, fut pris montant un cheval des écuries de la reine mère; il aurait eu des relations avec les serviteurs du P. Chanteloube, et, mis à la

question, il aurait même accusé ce dernier. Quoi qu'il en soit de

ces complicités dont les preuves n’ont pas paru bien claires aux contemporains? et dont les confidents de la reine se défendirent énergiquement*, soupconner la mère du roi de les avoir permises ou encouragées constituait une grave insulte. N’était-ce pas une manœuvre pour voiler l’odieux d’un exil imposé par les froids calculs d’un ministre tout-puissant ?

Quand elle connut la décision du conseil, Marie de Médicis était brouillée avec son second fils, et, depuis la mort de l’infante Isabelle (décembre 1633), peu sympathique à ses hôtes que fatiguaient les perpétuelles intrigues des réfugiés français. Dans cette situation sans issue, elle se décide enfin à fléchir son orgueil, à négocier avec Richelieu lui-même. Elle promet à son rival

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