‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 29 sur 308 · Garasse, Récit au vray…, p · texte numérisé non relu

Garasse, Récit au vray…, p

, 2. Garasse, p. 72.

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de Clermont », comme elle disait avec dédain. Elle y soutenait que « l’exécrable libelle », d’où l’on avait extrait les Capita doctrinae, ne pouvait avoir pris naissance que chez eux, parce qu’il était conforme à l'esprit de leur Société. « Plût à Dieu, disaient les rédacteurs du factum, qu'ils ôtent cette opinion et fassent preuve du contraire. Quant à nous, puisqu'ils réduisent l'affaire à ce point qu’ils nous contraignent de faire voir à tout le monde que c’est d’eux et avec eux qu'il y en a qui ont tel sentiment ou font tels discours, nous soutiendrons par leurs propres écrits et livres cette cause, qui n'est point tant notre cause que celle du royaume de France et de tous les gens de bien.»

En présence des passions déchaînées, la Compagnie ne crut pas devoir garder plus longtemps le silence. Les Jésuites de Paris décidèrent que, dès l'ouverture de l’Avent, les Pères prédicateurs protesteraient « avec uniformité de paroles » contre les calomnies répandues dans le public. Le premier dimanche, le P. Coton à Saint-Paul, le P.Suffren à Saint-Gervais, le P. Garasse à Saint-Merry, le P. Caussin à Saint-Louis, affirmèrent « quasi en mêmes termes » que la Compagnie de Jésus était complètement étrangère à la publication des livres incriminés, et que, loin de les approuver elle blâmait tout ce qu'ils renfermaient d’injurieux pour le roi et son ministre. Cette protestation, entendue de plus de dix mille personnes, fut bientôt connue de toute la ville, en sorte qu'aucun homme de bonne foine put désormais douter de l'innocence des religieux. « Ce désaveu néantmoins, ne nous servit de rien, observe le P. Garasse ; car le Recteur prit de là occasion de nous calomnier derechef et de dire publiquement que nous n’avions garde d'écrire ou d'imprimer nos sentiments, mais que nous nous contentions de les déclarer dé vive voix, laquelle manière est sujette à désaveu ?. »

L'avis était bon à suivre. A leurs protestations verbales contre les libelles, les Pères résolurent d’ajouter une protestation écrite contre le recteur de l’Université. Mais n’était-il pas à craindre que l'éclat de la publicité ne soulevât une nouvelle tempête. Et d’ailleurs à qui adresser la requète? Le Parlement la rejetterait ; le corps universitaire la regarderait comme une injure à son chef; et Richelieu, que Tarim semblait défendre, ne la laisserait peut-être pas parvenir au conseil du roi. On prit donc le parti

1. Mémoire de l'Université de Paris au chancelier de France (D'Argentré, Coll, Judic., t.1l, p. 186).

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