‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 30 sur 308 · Garasse, p · texte numérisé non relu

Garasse, p

Æ Æ# FA £ * À Es A :

ns

de présenter à « Messieurs de Sorbonne » une sorte de remontrance pour « qu'il leur plüt imposer silence au recteur, si faire se pouvoit ! ».

Elle fut rédigée par le P. Garasse, sous la forme d’un cas de conscience à résoudre par la Faculté. On demandait si Le recteur n'offensait pas Dieu mortellement en persécutant les Jésuites, et si ceux-ci n'étaient pas fondés en raison d'exiger de lui une réparation d'honneur, ou, à tout le moins, de se plaindre publiquement de ses criantes injustices. Après avoir rapporté les principales attaques dirigées par Tarin contre la Compagnie, le P. Garasse disait en finissant : « S'il n'étoit question que d’endurer en notre particulier, nous baiserions les vestiges de M. le Recteur, et ferions comme saint Ignace, le grand martyr d’Antioche : fous caresserions les ours et les lions qui nous persécutent. Maïs estant question d'un corps injustement outragé, et d’un sujet qui ne nous rendroït pas martyrs comme saint Ignace, mais victimes de toutes les malédictions du monde, permettez-nous qu'il nous reste quatre choses, lesquelles on ne mous sçauroit ravir sans injustice : la plume pour nous défendre modestement; la voix pour nous plaindre justement : les poulmons pour soupirer doulcement dans nos angoisses, et nos vœux pour les présenter à Dieu dévotement en faveur de ceux qui nous affligent ?. »

Cette remontrance fut remise au D' Froger, syndic; il la communiqua d'abord au D Duval et à quelques autres « gens de bien de leur corps ». Tous reconnurent qu’elle était juste et fondée, mais ils avouèrent qu'elle ne servirait qu'à surexciter davantage un homme qui se sentait soutenu par « quelque puissant ennemi » des Jésuites. Et en effet Tarin, informé de leur démarche, «invectiva cruellement contre eux et tâcha de montrer en sa harangue que la Sorbonne n’avoit aucun droit de correction sur lui : au contraire c'estoit lui qui avoit du pouvoir sur la Sorbonne, pour la convoquer quand bon lui semble * ». Cette conduite du Recteur détermina les Pères à porter l'affaire au conseil royal. Ils ne pouvaient sans doute compter sur le bon vouloir de Richelieu ; mais ils regardaient comme un devoir de conscience de ne négliger aucun moyen de sauvegarder l'honneur de la Compagnie. Le P. Coton, de concert avec le

Page 1