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P. de Séguiran, adressa donc au roi en son conseil la sapplication suivante : |
« Sire, comme ainsi soit que par les réitérés discours de M. le Recteur de l'Université, et par tant de libelles diffamatoires qui se crient et vendent par les rues tous les jours, on fait accroire au peuple que mostre doctrine est différente de la commune de l’Église, et notamment qu’elle enseigne d’attenter à la personne sacrée des rois, oster la puissance absolue que le ciel leur a donnée sur leurs subjects, les déposséder, et révolter les peuples contre les supérioritez établies de Dieu : horrible calomunie qui ne combat pas seulement la vérité, ains est bastante {capable} de mettre le glaive à la main des furieux et la sédition dans les âmes factieuses, qui se tiendroïent par une conscience erronée assez authorisez et asseurez en leurs damnables desseins, quand ils croiroient qu'un Ordre de religieux, qui est en estime de doctrine et de vertu, approuveroit leurs attentats, quoy que très exéerables et abominahles. Joinet aussi que tels libelles, remplis d’impostures, sèment la division parmy vos
subjects, qui partagent leurs jugements, les uns à accuser, les autres à les excuser. :
« Plaise à Vostre Majesté, comme duement informée de la vérité, défendre sous griesves peines, tant audit Recteur qu à tous autres, de descrier la doctrine des dits Pères en quelque: manière que ce soit, et de ne dire, escrire, improuver ou publier chose aucune contre la réputation tant de leur Ordre que de leurs particulières personnes. Attendu mesmement que tous les autres princes de l’Europe, estans également intéressez en ceste leur prétendue doctrine, aucun d'eux ne s’en est formalisé jusqu’à présent; veu aussi qu'on ne les peut représenter si meschans sans taxer Vostre Majesté, vostre Conseil, vos Parlemens et plus de cent mille personnes de qualité, qui jusques à maintenant leur ont confié l'instruction de leurs énfans, lesquels sont autant de tesmoins de leur doctrine et déportement, qui ne les doivent souffrir ains les exterminer si ce dont on les accuse estoit fondé en vérité !. »
A la requête des PP. Coton et Séguiran, l'Université en opposa une autre signée du Recteur, dans laquelle elle prônait la modération dont elle et les autres académies du royaume avaient toujours usé envers la personne des Jésuites, et elle se plaignait